Canoë et geocaching dans le Doubs

Le soleil a brillé tout le weekend de la Pentecôte en Franche-Comté. Pas de cyclo-camping pour cette fois, juste de la détente en famille.

L’occasion d’aller descendre la Loue en Canoë, de Vuillafans à Cléron, chose que je n’avais pas faite depuis quelques années.

Vuillafans - Cléron

La Loue est une rivière tranquille, pas de gros rapides, juste quelques barrages avec toboggans et quelques cailloux pour faire des vagues de temps en temps. Mais le cadre est verdoyant et c’est une très jolie vallée. J’étais frileux à l’idée de mouiller mon nouvel appareil photo alors je ne l’ai sorti que sur la terre ferme.

la Loue en amont d'Ornans

Pont du tacot à Cléron

Dans mon souvenir on arrêtait plus tôt, mais cette fois le parcours va jusqu’au pied du château de Cléron.

Château de Cléron

En plus de manger des glaces sur la terrasse, quelques balades à pied et en VTT ont agrémenté le weekend.

Vue à travers champs en direction de Loray

Ainsi qu’une visite de contrôle à la plus belle géocache du monde (soyons objectif). Mais ce fait n’est connu que de la dizaine de personnes qui l’a découverte ces 2 dernières années.

Vue sur la combe des Essarts

On voit même l’étang du Barchet au fond (avec un niveau de zoom dont je n’aurais même pas rêvé avec mon appareil photo précédent).

Etang vu des Essarts

L’étang et sa tourbière constituent LE but de promenade habituel. Et quand on s’éloigne des zones piétinées par les pêcheurs (le lieu est populaire en cette saison), on pourrait se croire au Canada.

Etang du Barchet - Passonfontaine

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Pico

Non il ne s’agit pas d’un article sur l’infiniment petit.

Le P majuscule a son importance. Pico est une île de 45km sur 15 (donc pas si petite que ça) perdue au milieu de l’Atlantique nord. Pas exactement perdue en fait puisque c’est l’une des 9 îles de l’archipel des Açores.

L’archipel est en 3 parties et Pico se trouve dans la partie centrale, au sud de São Jorge et à l’Est de Faial (à peine à quelques encablures de ses 2 voisines). Et on se situe à 1600km de Lisbonne. Les Açores sont une région du Portugal, et donc on est en Europe. Et à part pour 2 des îles de l’archipel, la géologie confirme ce point, on est du bon côté de la dorsale médio-atlantique.

L’île de Pico est la plus jeune des Açores, une jeunette de 200 000 ans. Du coup l’érosion n’a pas eu le temps d’y créer de belles plages de sable fin. Ici toutes les roches sont noires et abrasives, il n’y a que du basalte.

Niveau climat, c’est subtropical, ça veut dire humide et nuageux. Du coup c’est verdoyant. Les températures sont douces toute l’année entre 13°C l’hiver et 23°C l’été.

Sans plage, sans soleil et sans chaleur, les Açores n’attirent pas les touristes en masse. Pico encore moins que les autres îles, si l’on excepte quelques amateurs éclairés (il faut bien s’envoyer des fleurs) venus observer des baleines. Ce qui était notre cas.

Le village qui nous a servit de base, Lajes, est un des 3 principaux de l’île. Pourtant c’est tout petit.

Lajes do Pico

A l’Ouest de l’île, notre première randonnée nous a emmené face à l’île de Faial (on aperçoit la ville d’Horta à seulement 4km).

Faial en face de Pico

La côte est noire, pas un grain de sable à se mettre entre les orteils. Le basalte use les semelles à une vitesse impressionnante.

La plage

Même s’il n’y a pas eu d’éruption depuis le XVIIIe siècle (et seulement 4 éruptions depuis la colonisation de l’archipel), les paysages ont l’air tout frais, comme ces laves cordées.

Lave cordée

Et sur ce sol en apparence inculte, dans les fissures, les habitants ont développé la vigne. La noirceur de la roche accumule la chaleur du jour pour la restituer la nuit et permet ainsi aux vignes de pousser. Le paysage a été découpé en toute petites parcelles, grandes comme des pièces d’habitation et séparées par des murs qui accentuent ce phénomène de conservation de chaleur et protègent du vent.

La technique est tellement unique que ce paysage est classé au patrimoine mondial.

Vignes près de Madalena

Bien souvent on voit à peine les pieds de vigne dépasser des murets.

Murets

On trouve aussi quelques moulins sur l’île. Mais ce ne sont pas des moulins typiquement portugais. Au Portugal on construit les moulins face au vent, et il vient toujours de l’Atlantique. Mais sur une île il peut venir de toutes les directions et il faut donc pouvoir orienter le moulin en conséquence. Et ça, il fut un temps où c’était une spécialité hollandaise.

Moulin hollandais

4 fois nous irons observer les baleines, et nous avons été gâtés. Jamais de retour bredouille et plusieurs espèces observées parmi lesquelles : le dauphin commun, le dauphin bleu et blanc, le grand dauphin, le dauphin de Risso, le cachalot et la baleine bleue.

Les dauphins communs sont les plus faciles à observer, ils aiment « jouer » autour des bateaux. Mais sur cette photo je pense que ce sont des grands dauphins, ils n’ont pas de jaune sur le flanc.

Dauphins

Les autres sont à approcher avec plus de circonspection. L’observation essaye toujours d’être respectueuse, le nombre de bateau autorisés est très limité et ce sont les animaux qui s’approchent, sinon les bateaux restent à plus de 50m. Ici ce cachalot curieux se tient verticalement sous l’eau, on ne voit que le bout de sa tête, ça lui permet de nous écouter.

Nez de Cachalot

Les cachalots pêchent en profondeur (entre 1000 et 3000m de profondeur, là où il y a des calamars) mais comme il n’y a pas de plancher océanique ici, on peut les observer très près des côtes. Ce qui leur a valu d’être beaucoup chassés ici jusque dans les années 80. Le musée des baleiniers de Lajes est d’ailleurs assez instructif, un film des années 70 y explique comment on repérait les cachalots depuis la vigie sur la côte et qu’ensuite tout le monde embarquait et participait à la chasse, toutes affaires cessantes.

On a fait beaucoup de photos de baleines, mais j’ai peu participé, avec mon petit appareil photo je n’ai pas jugé possible de rivaliser avec les reflex pour les photos animalières. Alors j’ai juste observé.

Bon il n’y a pas que des baleines,on a aussi vu une tortue, escortée d’un poisson d’espèce indéterminée.

Tortue de mer

Et pléthore de galères portugaises, des méduses quoi, l’espèce la plus dangereuse ici, malgré ses airs de sac plastique inoffensif.

Galère portugaise

C’est plus facile de prendre en photo des choses immobiles, enfin quand ça ne tangue pas trop. La côte de Pico par exemple (ici encore avec quelques dauphins communs).

Côte de Pico

Au sud du bateau par contre il n’y a rien à voir, si on part plein sud on ne croise aucune terre avant l’Antarctique.

Nous n’avons quitté l’île qu’une seule fois pour sa voisine São Jorge. Toute en longueur elle est entourée de flancs très abrupts.

Sao Jorge

Le village de Calheta est encore plus petit et isolé que Lajes.

Calheta

Le long de la côte, les ruisseaux tombent en cascade dans la mer.

Cascade à Sao Jorge

Cascade à Sao Jorge

On aime beaucoup les baleines, mais on aime aussi la montagne, et à Pico il y a du relief, et une montagne.

Le Pico, le volcan qui a donné son nom à l’île, dort. Ça ne l’empêche pas d’être, du haut de ses 2351m, le point culminant du Portugal et même de toute la dorsale médio-atlantique.

Il a fait un affreux brouillard humide (météo suffisante pour que tout le monde sans exception nous déconseille fortement d’y aller) pendant toute l’ascension, mais au sommet le soleil brillait.

Le sommet est un petit dôme au centre de la caldeira, le Piquinho.

Le pequenho

Du sommet nous avons distingué la caldeira au premier plan, puis une mer de nuage de tous côtés. Les autres îles sont beaucoup plus basses, alors rien ne dépasse.

La caldeira et la mer de nuage

Ça valait le coup de grimper 800m dans le brouillard, en pantalon et k-way dégoulinants pour un tel spectacle. Nous avons été apparemment les seuls à monter ce jour là.

À la pointe Est de l’île, il y a aussi de quoi faire de belles randonnées, là encore, comme près des vignes de Madalena, le basalte domine le paysage côtier.

Arche sur la côte Est

Côte de basalte

Vers l’intérieur de l’île, les petits dômes volcaniques se succèdent, mais le Pico est encore loin derrière.

Vers l'intérieur de Pico

Côte de Basalte

Et à la pointe de l’île, Ponta de Ilha, un très beau phare peint en blanc comme toutes les maisons de l’île.

Phare

Nous enfourcherons aussi une fois des VTT pour traverser le plateau central, et surtout en descendre. La météo nous offrira une fois de plus un beau brouillard humide.

Sur le plateau

Mais dès qu’on repasse sous le nuage, la vue s’étend sur la côte. (Là aussi sans nuage, on verrait le Pico derrière !)

Vue sur Lajes

Même si le Pico domine tout, je n’en ai pas de photo dégagé, si ce n’est en partant prendre l’avion du retour à Faial.

Madalena et le Pico depuis le traversier vers Faial

Alors que depuis la fenêtre du petit hôtel de Lajes il était pourtant juste devant nous.

Pico depuis Lajes

Mais les nuages sont jolis parfois.

Vélo en Côte d’Or, de la Côte au Châtillonnais

4 jours de vélo entre Dijon et Montbard

En partant de Dijon vers l’Ouest, on se heurte à la Côte. Ça veut dire que ça ne peut que grimper. Mais jeudi dernier nous avons profité du répit  qu’offre la vallée de l’Ouche et les abords du canal de Bourgogne : 8km à plat pour se réchauffer. Malgré le franc soleil, la température est fraîche. Mais à partir de Fleurey-sur-Ouche, nous ne différons plus la montée, il y a au dessus de Larcenay une petite combe cachée qui mérite le détour, et mérite même qu’on pousse un peu les vélos sur la fin.

Il s’agit de la combe d’Arvaux, dite Combe aux Mammouths. Un petit cirque de falaises dont certains rochers se détachent en pitons, fameux pour les grimpeurs du coin.

Combe d'Arvaux

Combe d'Arvaux

Un peu plus loin, la falaise de Baulme-la-Roche offre un beau panorama sur le village et la vallée de l’Ouche.

Baulme la Roche

Baulme la Roche

En fin d’après-midi nous nous installons à St-Seine-l’Abbaye, dans un petit terrain de camping en pente. Bien que ne comptant que 350 habitants, il y a quelques commerces pour se ravitailler, et une abbatiale qui laisse imaginer l’importance historique du bourg.

Abbatiale de St-Seine-l'Abbaye

Ici nous sommes en pleine diagonale du vide, aux confins du Plateau de Langres et du Châtillonnais. La densité de population du Châtillonnais est plus faible que celle de la Lozère, 13 habitants par kilomètre carré. Notre route traverse donc un désert humain, mais pas végétal. La forêt couvre tant de territoire qu’un projet de parc national est dans les tuyaux pour la protéger.

Toutefois, on n’a jamais l’impression d’être si loin que ça des habitations, les champs de Colza sont plus visiblement anthropiques que les pâturages. Et en cette saison leur jaune se détache très bien sur le vert sombre des forêts.

Du colza partout

Nous passons par le 2ème plus grand parc éolien de France, 33 éoliennes de 80m de haut (120m en comptant les pales), et il s’agrandit, d’ailleurs on en verra quelques unes en construction.

Des éoliennes aussi

Les sources de la Seine, sont d’un ridicule accompli. Une fausse grotte abritant la déesse Sequana matérialise la source. Il s’en échappe un ruisseau de 30cm de large. Rien à voir avec les grandioses sources franc-comtoises comme la Loue, le Lison et le Doubs.

Source de la Seine

De là nous obliquons vers le Nord-Est, en coupant transversalement les vallées, le dénivelé s’accumule. Parmi les petits villages, Salives a préservé ses fortifications et un joli petit centre.

Fortifications de Salives

Juste avant, nous avons trouvé une balance agricole, nous sommes tous montés ensemble dessus. À 20 kg près nous pesons 920kg, 8 cyclistes, 7 vélos dont 1 tandem et nos affaires de camping pour 3 nuits.

Nous arrivons le soir à Grancey-le-Château. On nous ouvre les sanitaires du club de foot pour la nuit, mais nous nous passerons d’eau chaude.

Je suis déjà passé par là pour aller au lac de Constance en 2010. Je me souviens de la route comme si c’était hier. Le château n’est pas ouvert au public, on peut juste apercevoir ses tuiles vernissées depuis la grille.

Grancey-le-Château

Les panneaux indicateurs sont précis. Mais je ne suis pas sur que ce soit bien indiqué jusque là-bas.

Vers Niederkirchen et au delà

Le lendemain nous prenons en sens inverse la même route que j’ai prise il y a 2 ans pour venir de Châtillon. Nous passons au dessus de Saint-Broing-les-Moines avant de nous engouffrer dans la vallée de la Digeanne. Puis ce sera une longue descente, en montagnes russes et en ligne droite dans l’immense forêt de Châtillon.

St-Broing-les-Moines

Forêt de Châtillon

Avant de pique-niquer une petite visite de la ville s’impose. D’abord l’église Saint-Vorles, puis la source de la Douix.

Saint-Vorles

Vue sur Châtillon-sur-Seine

La source de la Douix

L’après-midi nous repartons brièvement le long de la Seine jusqu’à Étrochey. Elle a déjà plus fière allure qu’à sa source.

La Seine à Étrochey

Puis nous longeons la route du Crémant jusqu’à Larrey et Marcenay avant de camper près du plus grand plan d’eau de Côte d’Or. Auprès du lac de Marcenay se trouvent également les vestiges d’un haut fourneau du XVIIIe Siècle.

St-Germain au dessus de Larrey

Lac de Marcenay

Dimanche nous roulons plein sud en direction de Venarey-les-Laumes. De là nous grimpons jusqu’à la statue de Vercingétorix, et nous ne sommes que 2 à être venu à bout des 27% (d’après le gps) du raidillon final. De la statue et de la table d’orientation, on ne voit pas grand’chose, si ce n’est la lisière des arbres au premier plan. Le Mont Auxois, site présumé d’Alésia, domine pourtant bien le paysage.

Cour de ferme

Statue de Vercingétorix sur le Mont Auxois

Après ça, c’est facile, nous longeons à nouveau les berges du canal de Bourgogne, et, retrouvant une fois encore un trajet emprunté 2 ans auparavant au retour de Suisse, nous fonçons littéralement vers Montbard.

Une écluse du canal de Bourgogne

Arrivée à Montbard

Viens finalement la partie la plus difficile, les adieux et le retour dans un train bondé qui ne fera que se remplir pendant son approche de Paris, avec 25 vélos à bord (d’après les contrôleurs les plus désabusés que j’ai vu) pour zéros emplacement.

En 4 jours, ce petit tour du nord de la Côte d’Or fait environ 240km pour 2000m de D+. Tout ce qu’il y a de plus familial.

Le parcours

PS : Pour un autre parcours en Bourgogne : il y a tout juste un an j’étais à vélo entre Bourgogne et Franche-Comté.