La Sardaigne à vélo

NB : l’article contient 65 photos, ça peut prendre du temps pour s’afficher entièrement.

Drôle de saison pour partir en vacances à vélo. Mais si on part suffisamment au sud, on finit par rattraper le soleil et des températures plus clémentes.

Le 22 février c’est donc vers la 2ème plus grande île italienne que j’ai mis le cap. Départ dès potron-minet pour 14km en dessous de zéro jusqu’à la gare de Lyon, puis 3h40 de TGV jusqu’à Avignon.

Avignon, le palais de Papes

Le temps de faire un saut au palais des Papes et j’enchaîne avec 1h30 de TER jusqu’à Marseille. Là c’est 3 bonnes heures que j’ai à ma disposition pour explorer la ville : un bouchon permanent, des travaux partout, une ville pas du tout sympa à vélo. J’aurais quand même découvert le fameux vieux port avant d’embarquer pour la traversée.

Marseille, le vieux port

C’est là qu’on se retrouve pour partir en binôme. L’immense ferry nous attend, à peu près nous seuls. C’est un des premiers de la saison et il est quasiment vide. C’est au coucher du soleil que nous quittons la citée phocéenne.

Marseille

Îles du Frioul et château d'If

Le lever du jour nous fait découvrir la baie de Propriano, en Corse, pour 2h d’escale.

Baie de Propriano

Il ne reste plus que 3h30 de voyage avant d’arriver à Porto Torres, le port du nord de la Sardaigne. Au total c’est plus de 17h que nous aurons passé dans le ferry et 36h se sont écoulées depuis que je suis parti de chez-moi.

Jour 1 : Porto Torres – Castelsardo (35km)

Mais ça y  est, la première courte étape peut commencer. Sous un magnifique soleil nous avalons sans peine les 35km de côte qui nous séparent de Castelsardo. La route passe à travers des dunes couvertes de pinèdes avant de zigzaguer le long de la côte rocheuse pour finalement offrir un superbe panorama sur le village.

Castelsardo

Le village est très touristique, mais en février il dort. On fini après un coup de fil, par trouver un B&B, mais pour manger le soir on se contentera de pizzas à emporter.

Jour 2 : Castelsardo – Olbia (97km)

Le 2ème jour, les choses sérieuses commencent. Ça grimpe sec pour pénétrer la Gallura. Mais les beaux paysages de granit de la Valle della Luna sont notre récompense.

Valle della Luna

Aggius

On traverse la capitale de la province, Tempio Pausania, toute en austère granit gris, dominée par les cimes enneigées du Monte Limbara.

Tempio-Pausania

Puis toujours dans un chaos de rocs et une immense forêt de chênes lièges, nous descendons vers Olbia.

Chêne liège

Le centre ville est agréable mais les abords peu engageants. C’est la porte d’entrée des voyageurs pressés. L’aéroport est un des principaux de l’île et les stations balnéaires de la côte d’émeraude sont toutes proches. Nous prenons soin de les éviter.

Jour 3 : Olbia – Bitti (115km)

Le lendemain c’est vers le sud que nous longeons la côte. La route est finalement assez décevante hormis quelques échappées sur l’impressionnante Isola Tavolara.

Isola Tavolara

Ce n’est qu’à mi-étape que le parcours devient intéressant, à Siniscola, avec une rude montée jusqu’à plus de 800m d’altitude pour longer les crêtes du Monte Albo, blanc comme le calcaire, on a quitté le granit de la Gallura.

Montée au Monte Albo

Monte Albo

Cette route de crête est déserte, la neige est encore présente sur les bas côtés. C’est une des plus belles routes que nous emprunterons.

Monte Albo

Route en balcon le long du Monte Albo

village d'Onani

35km plus loin nous finissons par rejoindre Bitti fourbus, c’est la plus longue étape prévue. Problème, les 2 seuls hébergements du village sont fermés. Les carabinieri se démènent pour nous trouver un agriturismo à proximité (et 5km de montée en plus à la tombée de la nuit !). Là au moins le repas fut réparateur, un peu trop peut-être, les plats n’en finissent pas d’arriver. La conversation elle, est restée limitée par la barrière de la langue. Finalement nous trouverons assez peu de monde parlant anglais ou français lors de ce séjour.

Bitti

Jour 4 : Bitti – Dorgali (100km)

À l’aube il fait très froid sur ce plateau à près de 700m d’altitude, et il y a du brouillard. C’est la seule matinée où les gants et les jambières seront utiles.

Nous passons près du village d’Orune. Le plafond nuageux commence à se disloquer.

Orune

Puis toujours dans une grande forêt de chênes lièges nous explorons notre première nuraghe, dont il ne reste guère plus qu’un pan de mur. Il y a plus de 700 de ces vestiges d’une civilisation néolithique en Sardaigne, nous en verrons de bien plus belles ensuite.

Après la ville de Nuoro, le Sopramonte (littéralement : la super montagne !) se dévoile.

Oliena devant le Sopramonte

Nous faisons un crochet par Orgosolo pour aller y découvrir les fameuses peintures murales.

Rocher peint sur la route d'Orgosolo

Puis nous zigzaguons vers Oliena et la source Su Gologone, plus importante source d’eau douce de l’île et qui fait plus de 100m de profondeur.

Su Gologone

Enfin nous arrivons à Dorgali. Le soir, des festivités s’y déroulent, impliquant cavalcades et défilés costumés dans les ruelles pavées.

Jour 5 : Dorgali – Lanusei (84km)

À la sortie du village, nous empruntons le court tunnel juste pour admirer le golfe d’Orosei et la station balnéaire de Cala Gonone.

Cala Gonone

Suit ensuite une vingtaine de kilomètres de montée en balcon, avec sur notre droite le Sopramonte toujours. Cette route est la plus belle portion de route « côtière » de Sardaigne. Mais en réalité une chaîne de montagne nous sépare de la mer tyrrhénienne.

Montée après Dorgali

On passe finalement un col à plus de 1000m avant de redescendre par palier vers la plaine de Tortoli, sans oublier de multples haltes sur le plateau et dans la descente pour admirer le panorama.

Vue sur la vallée d'Urzulei

Mare sur le plateau

Descente vers Baunei

Après Tortoli, cap à l’Ouest pour entamer la traversée Est-Ouest de l’île. On termine donc la journée par une remontée jusqu’à Lanusei, sur les contreforts de l’Ogliastra. La ville offre peu d’hébergements, et aucun vrai restaurant, nous forçant à nous replier sur une paninoteca et à dîner sur le pouce.

Lanusei

Jour 6 : Lanusei – Nurri (91km)

De loin l’étape la plus sauvage du parcours. presque dès la sortie de Lanusei on se retrouve sur un froid plateau, dominé par les cimes enneigées du Gennargentu. Les routes salées attirent les vaches. Puis c’est une toute petite route qui monte jusqu’à nous mener sous la Pedra Liana et ses airs de « Monument Valley » sarde.

Rocher indicateur devant la Perda Liana

C’est aussi là que nous serons le plus en altitude, au dessus de 1000m, nous roulerons même sur la neige pendant quelques dizaines de mètres sur une très belle route en balcon, d’abord sous la Perda Liana, puis le mont Tonnari.

Mont Tonnari et Perda Liana

Face à nous, s’étend l’imense massif du Gennargentu sous la neige, et son point culminant, la Punta Lamarmora à près de 1800m d’altitude.

C’est une différence importante par rapport à la Corse : en Sardaigne on a souvent l’impression de grands espaces.

le Gennargentu

Une belle Nuraghe commence à nous livrer plus de secrets sur cette civilisation. Enfin non, les pierres restent muettes et on ne peut qu’imaginer.

Nuraghe Ardasai

Puis nous redescendons vers Seui, qui est le village le plus montagnard que nous traversons, à près de 820m d’altitude, et enfin le lac Flumendosa, point bas de la journée vers 240m.

Seui

Lago Flumendosa

Avant de remonter jusqu’à Nurri. Là encore peu d’hébergements. Mais on trouvera un superbe B&B au dessus du village qui nous indiquera et nous emmènera en voiture (vous n’allez pas faire 1km à vélo de nuit quand même !) à la seule pizzeria des alentours.

Jour 7 : Nurri – Laconi (60km)

Ah une étape de repos ! Après les kilomètres et surtout le dénivelé des jours précédents, c’est ainsi qu’on perçoit cette journée. Nous descendons jusqu’à Barumini pour visiter le seul site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en Sardaigne : la forteresse nuraghique de Su’Nuraxi.

Su Nuraxi

Le paysage du Medio Campidano est très différent de ce que nous avons traversé les jours précédents, très agricole … et plutôt plat.

Medio Campidano

Nous remontons ensuite tranquillement de village en village jusqu’à Laconi. Bizarrement ce village est absent des guides touristiques. On y trouve pourtant un immense parc arboré de 22 hectares, parsemé de surprenantes cascades autour des ruines d’un château médiéval.

Cascade dans le parc de Laconi

C’est la seule étape « réservée » du séjour puisque ce soir là c’est une très sympathique famille de couchsurfeurs qui nous accueille.

Jour 8 : Laconi – Oristano (109km)

Cette étape aussi aurais du être courte. Mais nous ferons un détour de 40km durant l’après-midi. Il faut dire que la matinée ne nous a rien montré d’exceptionnel. Après les grandioses routes de montagnes, serions nous blasés ?

Avant Oristano nous passerons à Santa Giusta et sa jolie basilique.

Basilique de Santa Giusta

Le détour nous mène jusqu’au cap de Sinis, les ruines de l’antique Tharros et la surprenante église de San Giovanni di Sinis, une des plus vieilles de Sardaigne.

Cap Sinis

San Giovanni di Sinis

Le soir nous profiterons de la ville d’Oristano, dans le plus beau B&B des vacances, dans une maison médiévale en plein centre-ville. Oristano est aussi une jolie ville, un peu petite mais plutôt animée. Et celle où nous verrons le plus de vélos.

La ville connu son heure de gloire sous le règne d’Eleonora d’Arborea, au XIVeme siècle, qui dota la cité d’une charte civique très avancée pour l’époque, reconnaissant des droits aux femmes. Elle a également protégé et donné son nom au Faucon d’Éléonore qui était déjà menacé d’extinction.

Piazza Eleonora à Oristano

Le Duomo est surmonté d’un clocher à bulbe, type de clocher que nous ne verrons que sur la côte Ouest.

Duomo d'Oristano

Jour 9 : Oristano – Bosa (85km)

La sortie d’Oristano n’est pas tès vélo-amicale mais se transforme après quelques kilomètres en une agréable succession de villages.

Clocher de San Vero Milis

La montée s’accentue avant et après Santu Lussurgiu, village niché dans un ancien cratère volcanique.

Santu Lussurgiu

Le Montiferru est en effet un ancien volcan, cette fois le paysage est basaltique, et là encore une immense forêt en recouvre la majeure partie.

Paysage du Montiferru

Dans la descente, attirés par un nouveau clocher à bulbe à Sennariolo, c’est finalement de très belles murales que nous découvrons.

Murale à Sennariolo

Trompés par les panneaux indicateurs, nous abordons la ville de Bosa par la côte, alors que nous aurions souhaité descendre face à la ville. Mais le long de la rivière, le panorama sur le centre-ville et ses maisons colorés est quand même magnifique.

Bosa

En ville, les ruelles sont étroites et pentues, à part le corso Vittorio-Emanuele. On retrouve les mêmes rues pavées que dans la plupart des villes et villages que nous avons traversé, alternant galets et dalles de granit ou basalte.

Bosa, le corso Vittorio Emanuele

Un seul restaurant ouvert le soir en basse saison se permet du coup d’arnaquer sur le couvert. Le B&B avec vue sur le fleuve avait un superbe emplacement.

Jour 10 : Bosa – Sassari (72km)

À Bosa, on décide de modifier notre itinéraire pour les derniers jours. Vu que nous sommes hors saison, ce sont les villes qui présentent le plus d’intérêt. Alors autant ne pas rater la seconde ville de Sardaigne. C’est pourquoi nous nous dirigeons vers Sassari.

Une magnifique montée nous fait quitter Bosa avec quelques belles échappées vers la mer.

vue sur Bosa Marina

On redescend ensuite vers Montresta avant d’emprunter une toute petite route à flanc du Monte Minerva.

Montresta

Puis c’est le surprenant rocher de Monteleone Roccadoria qui nous émerveille, baigné par un lac artificiel.

Monteleone Rocca Doria

Le vent se lève ensuite et une première (et dernière) crevaison, nous oblige à nous arrêter quelques instants à Ittiri. De là c’est une voie rapide qui nous conduira jusqu’à Sassari. Et sur une voie rapide, même à vélo on roule vite !

La ville est plutôt sale, dans son jus, tout en restant intéressante à découvrir.

Ruelle de Sassari

La Fontana di Rosello, emblème de la ville d’après notre hôte, n’est pas vraiment mise en valeur…

Fontana di Rosello

Piazza Tola à Sassari

La piazza Italia serait une des plus grandes places d’Italie.

Piazza Italia

Duomo de Sassari

En Arrivant tôt dans l’après-midi, nous avons bien le temps de découvrir la ville. C’est agréable d’être dans un lieu animé, une grande ville qui se moque des saisons touristiques et reste vivante toute l’année.

Jour 11 : Sassari – Alghero (71km)

Nous revenons quasiment sur nos pas, mais en suivant l’ancienne route, celle qui monte et qui descend, plutôt que les viaducs de la voie rapide, pour quitter Sassari. Nous remontons ensuite vers Villanova Monteleone. Après la sortie du village, la vue s’étend sur toute la Nurra, on distingue Sassari, Alghero et le Capo Caccia.

Une très belle, et très raide, descente nous permet de rejoindre la route côtière pour aborder Alghero.

Descente vers la route côtière Bosa-Alghero

Route côtière Bosa-Alghero

La cité catalane (si si) est une des plus jolies villes de l’île. Les touristes sont nombreux à arpenter ses ruelles même en ce début de mois de mars. Mais il est vrai que nous sommes dimanche.

Remparts d'Alghero

Pour changer des pizzas, c’est dans une spaghetteria que nous dînons !

Jour 12 : Alghero – Porto Torres (120km)

Le dernier jour nous offre la météo la plus capricieuse du séjour. La pluie menace mais nous mouille très peu. C’est surtout le vent qui gêne notre progression toute la journée.

Le capo Caccia n’en est que plus impressionnant (mais pas aussi beau que sur une mer d’azur).

Isola Foradada au large du Capo Caccia

Nous pique-niquons sur une plage près des anciennes mines de l’Argentiera.

L'Argentiera

Et c’est ensuite vers Stintino que nous nous dirigeons en espérant y passer la nuit. Le village est certes très joli, mais complètement mort. C’est triste un lieu qui ne vit que du tourisme saisonnier.

Stintino

Aussi, pour quelques kilomètres de plus avec le vent dans le dos, nous faisons demi-tour et mettons le cap directement sur Porto Torres. Au passage d’anciennes salines se découpent devant les usines.

Salines de Stintino

La matinée suivante à attendre le ferry nous permet d’aller voir les seuls attraits de la Porto Torres : la plus grande église romane de Sardaigne, aux chapitaux tous dépareillés car piqués sur les précédents monuments romains, et quelques ruines romaines.

San Gavino

Mais la ville est essentiellement une usine pétrochimique, pas très joli. Le centre reste toutefois plus sympathique qu’on pourrait s’y attendre.

Porto Torres depuis le ferry

Le ferry nous ramène vers la France en prenant son temps et ce n’est que le surlendemain soir que je retrouve mes pénates.

En 12 jours nous avons parcouru 1040km, pour une dénivelée positive qui frôle les 1000m par jour. Voila une carte du parcours, en cliquant dessus vous aurez un tracé plus précis (même si tracé grossièrement à la main a posteriori) et un profil.

Parcours vélo

L’île garde encore de grands espaces à explorer au sud. C’est très agréable de la parcourir à vélo. Nous avons trouvé les automobilistes sardes bien plus respectueux que les français. Nous avons été gâtés par la météo avec un grand beau temps presque permanent. Les températures étaient fraîches mais agréables entre 0°C le matin en montagne et 17°C l’après-midi sur la côte. En avril-mai les paysages doivent être un peu plus jolis car couverts de fleurs, mais l’hiver reste une belle saison dans l’île.

8 réflexions sur “La Sardaigne à vélo

  1. Après ce loooooong article je vais faire court : Merveilleuses vacances, j’aime beaucoup la photo « Mare sur le plateau ».

  2. Superbe reportage et jolies photos, ça m’a donné envie d’y aller ! je suis une bille en vélo, mais j’irai bien randonner dans ces « petites » montagnes…

    Petite question technique, vu que nous avons le même thème « blue mist » de blog : as-tu fait qqch de particulier pour avoir, par exemple sur une page d’archive ou de catégorie, toutes les entrées sur la même page ? sur mon site, c’est une entrée par page et je n’ai pas trouvé où le configurer (par exemple : http://tofgeocaching.wordpress.com/2012/02/).

    merci de ton aide !

    • Tu fais bien de mettre « petites » entre guillemets ^^. ça doit être génial en randonnée aussi, très sauvage.

      Je ne me souviens pas avoir modifié quelque chose de particulier sur la présentation de ces pages là. Je peux pas te renseigner là dessus désolé.

  3. Bonjour Sylvain
    Je suis tombé sur ton site via Pilippavélo.
    Je me suis surtout intéressé à l’article concernant le voyage en Sardaigne puisque je m’y rends début février, pour une période de 2 mois environs.
    Beaux paysages et article bien écrit qui me donnent encore plus envie de parcourir l’île ! Merci.

  4. Bonjour, je me suis laissé guidé ici sur votre joli blog, au hasard de cliquetis du clavier et de mes recherches de coins à explorer en Sardaigne !
    Je vous écris ici, pour vous demander quel était l’adresse de cette jolie porte Medéviale ( Oristano B&B). Merci et au plaisir de vous lire !

    • Alors, guide du routard faisant foi, c’était Eleonora B&B, Piazza Eleonora 12 à Oristano. En plein hiver on n’avait pas réservé mais sinon c’est plutôt recommandé.
      Edit: la photo de la porte avec un vélo de chaque côté n’a rien à voir avec le B&B, il s’agit de l’entrée de l’église San Giovanni di Sinis.

      • Merci pour votre réponse ! Nous partons en saison basse (novembre), espérons que le soleil fasse partie de l’aventure . Au plaisir de vous suivre!

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