Yet another positive CouchSurfing experience

Même si je suis inscrit sur CouchSurfing depuis presque 2 ans, je n’ai pas hébergé grand’monde (4 personnes). Il faut croire que la banlieue parisienne n’attire pas les foules. Au contraire des hôtes parisiens qui donnent parfois l’impression, à lire les forums du site, de crouler sous les demandes.

D’ailleurs il semble que ces demandes soient de plus en plus des copier-coller. Les gens ne lisent plus les profils, ne cherchent plus la rencontre mais seulement l’hôtel gratuit. Un effet pervers de la démocratisation du site, de la publicité qui en est faite parfois en insistant plus sur la gratuité que sur l’échange, pourtant valeur fondatrice du concept.

Pour l’instant je n’ai pas encore eu la malchance de tomber sur un invité parasite. Seuls les couchsurfeurs de qualité iraient se perdre dans la banlieue, alors que Paris intra-muros draine le flot des touristes ? (avec tout le sens péjoratif que les français donnent au mot) La petite-couronne où je vis, avec plus du double d’habitants que Paris intra-muros, n’est-elle pourtant pas le vrai visage, multiple, de la métropole ?

Pour le moment 3 raisons ont poussé des couchsurfeurs à franchir ma porte banlieusarde (francilienne sonne mieux) :

  • Le couchsurfeur vient en voiture et craint (avec raison) d’avoir des difficultés pour stationner et circuler avec à l’intérieur de Paris et préfère donc prendre ses distances avec la ville et tout faire en transport en commun.
  • Les demandes d’hospitalité à Paris intra-muros sont restées lettres-mortes et le couchsurfeur a donc étendu son champs de recherche à quelques kilomètres autour de la ville.
  • Enfin le besoin et/ou l’envie de venir dans une ville de banlieue particulière, pour un évènement spécifique comme le weekend dernier.
  • une dernière raison a une fois été invoquée mais à tort : la proximité avec l’aéroport d’Orly. De Saint-Maur on met plus de temps pour y aller que depuis Paris, la faute aux transports en commun en étoile. J’avais donc aiguillé la demandeuse vers quelqu’un d’autre.

Le festival Saint-Maur en toute(s) liberté(s)

Ce weekend avait donc lieu la 1ère édition du festival Saint-Maur en toute(s) liberté(s), autoproclamé premier festival à allier culture et droits de l’homme et ayant pour invité un peuple dont la culture est menacée : cette année les tibétains.

On imagine sans peine les polémiques que le thème seul a suscité. « Encore un truc sur le Tibet » disent les saint-mauriens déjà échaudés par les habitudes du maire à privilégier les affaires internationales (son dada, il est également député, pas des plus actifs, et membre de la commission des affaires étrangères) qui semblent à des lieues des préoccupations matérielles des ses concitoyens en matière de gestion municipale. « De l’argent gaspillé qui pourrait être plus utilement dépensé ». Cet aspect a d’ailleurs fait l’objet d’une mise au point de la mairie, expliquant que l’originalité du festival avait attiré de nombreux mécènes et en conséquence réduit son coût à la charge de la ville. Les arguments des opposants au festival on parfois frôlé le ridicule.

Si le festival a attiré des mécènes (comme RTL et France Info), il a toutefois fait fuir certains annonceurs (comme la RATP) qui souhaitaient faire une campagne d’affichage mais à condition que les mots Tibet ou tibétain n’y figurent pas o_O. Ce serait bête de se priver d’un marché comme la Chine pour une histoire de droits de l’homme ! Idem les hommes politiques ne se sont pas bousculés, seul Jean-Pierre Raffarin a participé à un débat sur le thème : « La Chine et les pays alentour peuvent-ils s’éveiller à la démocratie ? » et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un drapeau tibétain a été retiré avant sa venue pour éviter sans doute qu’on le photographie devant ce symbole. How courageous !

Heureusement les associations ont répondu présent et c’est un militant de France-Tibet qui m’a demandé l’hospitalité pour la durée du festival. Sans la venue de Guillaume je ne serais sans doute même pas allé jeter un oeil au festival, et aurait snobé comme la plupart des saint-mauriens cette tentative  du maire d’élever la ville au dessus du quasi-néant culturel qui caractérise la banlieue.

Samedi soir j’ai donc apprécié un spectacle original (extrait vidéo) réunissant sur scène un moine et une nonne népalaise, le jazzman Bojan-Z, le batteur Laurent Robin et d’autres autour de Michel Pascal en chef d’orchestre un peu gesticulant mais qui a réussi à bien faire répondre la salle bien remplie. Après le concert, surprise, on s’est retrouvé avec tout ce beau monde à la table du maire.

CouchSurfing experience

Guillaume est quelqu’un d’une authentique et profonde gentillesse. Toujours joyeux et à la joie communicative. Il a déjà roulé sa bosse comme on dit, en fervant adepte de l’auto-stop. – Pour ma part je dois totaliser moins de 100km en stop de toute mon existence correspondant bien à l’évolution de la société comme mentionné en introduction d’une excellente conférence sur Internet et la gentillesse – fin de la digression. Il a travaillé comme volontaire pendant un an dans une école de Katmandou, milite dans plusieurs associations avec un sens inné de l’altruisme et s’investit dans tout ce qu’il entreprend avec enthousiasme. On a parlé de tout et de rien, de lecture et de cinéma, du Tibet et de l’Europe, de la dyssentrie, de couchsurfing et de vélo. Il est intarissable sur tous les sujets, grâce à une culture générale alimentée par beaucoup de curiosité et d’envie d’apprendre, ce qui fait que c’est un réel plaisir d’avoir une conversation avec lui. – voila une bien belle CS-reference : le principe est de décrire la qualité de l’échange qu’on a eu avec l’autre. D’après les statistiques du site, elles sont, dans une écrasante majorité (plus de 99%), positives.

On a la même conception du vélo en tant que moyen de transport. Il est d’ailleurs venu avec et a effectué tous ses déplacements comme ça. C’est le premier couchsurfeur qui apporte son vélo, comme j’en fait la recommandation sur mon profil d’ailleurs, ce qui a évité d’enrichir JCDecaux :p. À Paris c’est un moyen génial de se déplacer, une façon différente de voir la ville, non pas comme des ilots déconnectés autour de stations de métros séparées par des kilomètres de galeries, mais comme un espace continu … et pas si grand que ça. On a du rouler 30km dimanche en visitant Paris et une vingtaine d’autres samedi sous une pluie battante (et froide) dans le bois de Vincennes et le long de la Marne. ça fait du bien de se faire rincer joyeusement, ça rappelle ce qu’est la pluie, pas grand’chose en fait, pas de quoi comprendre la crainte irrationnelle qu’en ont certains de mes collègues, tellement habitués à être à l’abri en permanence. Oui c’est une question qui revient de temps en temps, le cycliste serait-il plus vulnérable que le motard sous la pluie ? En même temps j’ai la crève aujourd’hui mais je pense blâmer l’oubli du bonnet samedi, pas la pluie.

Voila donc une expérience à nouveau très enrichissante après le photographe polonais et les étudiants allemands. J’attends impatiemment les prochain(e)s. Pour l’instant 2 russes viennent passer noël à Paris fin décembre et devraient passer par St-Maur. Elles sont évidemment plus que bienvenues.

 

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