Tenerife

Pendant les fêtes de fin d’année, je suis allé en famille une semaine sur l’île de Tenerife. Dans l’archipel espagnol des Canaries, Tenerife est l’île la plus grande et la plus peuplée et est dominée par le Pic de Teide et ses 3700m d’altitude dont on voit nettement la silhouette triangulaire dès l’arrivée en avion.

Nous étions basés à Los Gigantes, une petite ville au nord ouest de l’île et avions loué une voiture 7 places pour nous déplacer tous ensemble. La première impression que nous a laissé Tenerife à l’arrivée est celle d’une île très urbanisée. Le long de l’autoroute s’étalent des entrepôts commerciaux et des parcs d’attraction dans un paysage très sec et poussiéreux.

Le premier jour nous nous sommes éloigné de cette côte vers l’intérieur pour traverser l’île par la route panoramique du Teide, dans l’immense caldeira du volcan. Assez vite avec l’altitude, les villes laissent la place aux villages puis à une forêt de pins assez clairsemée au milieu d’anciennes coulées de lave. La forêt fini par disparaître et la caldeira offre des paysages lunaires.

Caldeira du Teide

Au milieu de la Caldeira se dressent le Teide et, plus trapu, le Pico Viejo, au flanc duquel à gauche on distingue plus sombre les « narines du Teide », lieu de la toute dernière éruption dans la caldeira en 1798.

Le Teide

Nous sommes sortis de la caldeira sur le versant nord de l’île pour aller visiter les 2 villes de la Orotava et Puerto de la Cruz. Ces 2 villes ont conservé des bâtiments de l’époque coloniale dont la Casa de los Balcones est un des plus connu.

Casa de los Balcones

Les jardins publics sont agréables, la côte nord étant plus humide que celle où nous résidions. Nous avons vu de beau spécimen de dragonniers, un arbre emblématique des Canaries mais qu’on ne trouve plus guère dans les forêts.

Dragonnier des Canaries

À Puerto de la Cruz, la ville voisine en bord de mer, se trouve un superbe jardin botanique. Assez ancien, il a pu laisser grandir certaines plantes jusqu’à des dimensions extraordinaires et adapte d’ailleurs le tracé de ses allées aux racines des arbres.

Ficus à Puerto de la Cruz

Le centre-ville est plus touristique que celui de la Orotava, bord de mer oblige et les façades sont égayées de grandes fresques.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Le ciel s’est chargé en accrochant les nuages au flanc de la montagne, donnant l’impression qu’un orage allait éclaté, mais ce phénomène était en fait très localisé sur la côte nord.

Puerto de la Cruz

Puerto de la Cruz

Une portion de la plage de galet n’était qu’un empilement de cairns.

Puerto de la Cruz

À peine franchi le col pour revenir sur la côte ouest, le soleil brillait à nouveau. Nous constaterons à nouveau à quel point l’île est faite de micro-climats.

Le lendemain nous sommes partis en randonnée dans le massif du Teno, à la pointe nord-ouest de l’île. Ce massif est couvert d’une forêt de lauriers et de bruyères. Et en effet, il accroche bien les nuages et le brouillard et nous ne verrons pas beaucoup le paysage à part au départ à El Palmar et sa montagne creusée par l’homme.

Montana del Palmar

Sur l’autre versant, les vues jusqu’à la côte ont été rares.

Massif du Teno

Sur l’impressionnante route du retour, nous avons fait halte à Masca, au milieu de son cirque volcanique.

Masca

Masca

Le jour suivant, pendant que 2 d’entre-nous sont allés observer les baleines, nous avons fait une randonnée sur le flanc du Teide, au niveau de la limite supérieure des pins, au lieu-dit de la montagne de Samara. Le sentier bien balisé nous a mené entre les coulées de lave de différentes structures dans une atmosphère fraîche et venteuse. Au fond on distinguait les îles voisines de la Gomera, la Palma et El Hierro.

Montana de Samara

Montana de Samara

Le Pico Viejo et le Teide étaient visibles presque en permanence.

Le Teide et le Pico Viejo

La reventada et le Teide

Montana de Samara

La route à cet endroit est un billard sublime et il n’est pas étonnant que la destination soit appréciée des cyclistes en hiver.

Montana de Samara

Route au pied de la Montana de Samara

L’après-midi, nous sommes allés tous ensemble voir les pyramides de Guimar. Le site est assez cher pour ce qu’il y a à y voir, des pyramides dont l’origine reste sujet à spéculation et un jardin botanique qui n’arrive pas à la cheville de celui de Puerto de la Cruz.

Pyramides de Guimar

Nous sommes aussi allé visiter la petite ville côtière de la Candelaria, où se trouve le plus grand centre de pèlerinage de l’île.

La Candelaria

On y a trouvé également un très grand village de santons, avec des détails incongrus.

La Candelaria

Le lendemain nous avons préféré profiter de la ville de Los Gigantes, sans prendre immédiatement la voiture. Nous sommes allés jusqu’au site qui donne son nom à la ville : les immenses falaises qui tombent du Teno dans l’océan Atlantique.

Los Gigantes

L’après-midi nous sommes remontés dans la caldeira pour faire le tour des Roques de Garcia, des rochers aux formes extraordinaires, d’anciennes cheminées volcaniques que l’érosion a laissé et sculpté.

La cathédrale

Roques de Garcia

Roques de Garcia

Et bien sûr tout ceci au pied de l’imposant pic de Teide.

Roques de Garcia

Caldeira

Le jour suivant nous avons décidé de faire un long trajet jusqu’à l’autre bout de l’île, dans le massif de l’Anaga.

Au passage, nous nous sommes arrêté dans la capitale de l’île, Santa Cruz. Nous y avons visité un marché et déambulé dans les rues très actives du centre.

Santa Cruz de Tenerife

Santa Cruz de Tenerife

Comme le massif du Teno, l’Anaga jouit d’un climat particulier, plus humide et où le brouillard s’accroche. La bruyère y atteint des tailles encore plus importante que dans le Teno. Nous nous sommes promené à partir du dernier village de la route jusqu’au phare de l’Anaga, l’extrême pointe nord-est.

Anaga

Faro de Anaga

Au retour nous sommes passés par la côte nord au lieu de l’autoroute de la côte sud, la traversée de l’île nous a pris plus de 2h.

Le dernier jour, nous sommes montés à nouveau dans la forêt de pins à mi chemin de la caldeira, près du volcan Chinyero. Et une partie d’entre nous est redescendu jusqu’à Los Gigantes à pied, une vingtaine de kilomètres de descente dans les coulées de lave et les barrenco (ravins), plus loin des autres touristes que d’habitude.

Chinyero

Chinyero

Coulée de lave du Chinyero

Le lendemain nous avons repris l’avion pour refermer cette courte parenthèse ensoleillée au milieu de l’hiver.

 

 

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Venise

Après une bonne nuit de sommeil dans le train Thello, nous avons ouvert les rideaux sur le lac de Garde et environ 2h plus tard, au bout de la longue jetée routière et ferroviaire, nous sommes descendus à la gare de Santa Lucia.

Un abonnement de transport en poche et une volée de marche plus loin et ça y est, le grand canal, principale artère de Venise était à nos pieds. Le trafic de vaporettos et embarcations diverses était très dense.

Grand Canal devant la gare Santa Lucia

Plutôt que de faire la queue à la station de vaporetto de la gare, très encombrée, nous avons marché un peu jusqu’à la station suivante. Assez vite, la foule a disparu dans le dédale des ruelles. Nous avons croisé quelques livreurs à pied avec des charrettes conçues pour passer les multiples escaliers mais l’essentiel des livraisons avait l’air de se faire par bateau. Le grand canal n’est pas bordé de quais à cet endroit et on ne peut l’apercevoir qu’au bout de certaines places ou ruelles.

Livraison sur le Grand Canal

Nous avons pris un vaporetto jusqu’à Sant’Elena, l’île la plus à l’Est du centre ville de Venise, pour commencer nos déambulations pédestres. Car Venise est une ville qui se découvre essentiellement à pied. A Sant’Elena, les rues sont un peu plus larges et calmes qu’ailleurs et un vaste jardin s’étend près de la station de vaporetto, face à l’île de San Giorgio Maggiore.

San Giorgio Maggiore vu de Sant'Elena

rue de Sant'Elena / Castello

Notre promenade nous a mené autour du jardin de la biennale, mais nous n’avons pas profité de l’évènement ici car finalement beaucoup d’exposition en off se tenaient un peu partout dans la ville avec des pavillons par pays. C’est à ce niveau que démarre la Riva degli Schiavoni, la longue suite de quai qui forme la limite sud du centre ville et va jusqu’à la place Saint Marc.

Riva degli Schiavoni

Nous avons déambulé franchement en zig-zag pour voir le plus de choses possibles dans l’impressionnant labyrinthe de canaux et de ruelles que constituent tout le centre de Venise. Ce quartier de Castello, mis à part la Riva degli Schiavoni était plutôt un quartier calme et peu fréquenté par les touristes. C’est là que se trouve l’Arsenal, le quartier fermé des chantiers navals dont on ne peut voir que la porte et les hauts murs.

Entrée de l'Arsenal de Venise

Marchand de fruits et légumes sur son bateau

Lorsque la rue longe un canal, il s’agit d’une fondamenta, quand elle se perd entre les hautes maison, c’est plutôt une calle ou un corte, et les places prennent le nom de campo ou campiello. Et il y a quantité d’autres façons de désigner une voie. Venise à son propre vocabulaire. Même si les ruelles ne longent pas un canal, elles en coupent souvent un et cela donne de belles perspectives.

Un canal de Castello

Un canal de Castello

Progressivement, nous sommes revenus plus près de la place Saint Marc et de la grande station de vaporetto de San Zaccaria. De là, nous avons embarqué pour l’île de San Giorgio Maggiore, juste en face, pour profiter de ce premier jour ensoleillé et monter au campanile de San Giorgio.

Le parvis de San Giorgio est vraiment juste en face du palais des Doges et de la place Saint Marc où se dresse le campanile du même nom.

San Marco vu de San Giorgio Maggiore

Le campanile de San Giorgio est beaucoup moins fréquenté que celui de San Marco, mais malgré la très faible capacité de son ascenseur (6 places), nous n’avons pas attendu longtemps pour jouir du panorama sur toute la cité avec au premier plan la punta della Dogana, l’embouchure du grand canal et la place Saint Marc.

Punta della Dogana depuis San Giorgio

San Marco depuis San Giorgio

Quartier de Castello depuis San Giorgio

Nous avons ensuite regagné le centre ville et le quartier de Cannaregio, le quartier le plus populaire du centre, pour récupérer les clés de notre logement dans une rue perpendiculaire aux fondamente Nove, les quais nord de la ville.

Après nous être heurté à quelques restaurants vides mais complètement réservés, nous avons dîné dans une pizzeria du quartier.

Le lendemain, profitant encore du temps très favorable, nous avons décidé de partir visiter les îles de Burano et Murano. La première se trouve à 40min de vaporetto de la station fondamente Nove. Elle est connue pour son artisanat de dentelle et ses petites maisons très colorées.

Le voyage en vaporetto a été l’occasion de se rendre compte que si la lagune est vaste, les chenaux de navigation sont bien balisés et hormis quelques rares pêcheurs, les embarcations à moteur doivent s’y tenir.

A peine débarqués, nous nous sommes rués sur une petite boulangerie qui vendait les fameux essi de Burano, des petits biscuits en forme de S, pour les dévorer en buvant un café puis en marchant.

Burano

Il est vrai que les façades colorées se prêtent particulièrement à la photo. Et la promenade matinale y a été fort agréable car nous étions pratiquement seuls.

Burano

Burano

Burano

Burano

Une passerelle relie Burano à Mazzorbo où nous avons repris un vaporetto pour Murano.

Burano

Murano est plus industrieuse et beaucoup plus fréquentée que Burano. Les boutiques vendent quasi exclusivement du verre : de la vaisselle, des bijoux, des sculptures diverses… toutes en verre multicolore.

Sur l’île, nous avons visité une église ou une côte de baleine passe pour un os de dragon.

Murano

Nous sommes ensuite revenus dans le centre ville et nous sommes promenés à la nuit tombée autour de la place Saint Marc.

San Zaccaria

Le lendemain, le temps à peine plus gris, nous a incité à opter pour les musées et notamment les 2 sites de la fondation Pinault : le palazzo Grassi et la Punta della Dogana qui hébergeaient une exposition de Damien Hirst. L’exposition était l’histoire fantasmée d’une découverte d’une épave pleine d’artefacts de différentes civilisations amassées par un esclave affranchi.

Palazzo Grassi

D’abord présentée sous un jour crédible, avec même des vidéos des plongeurs remontant les statues du fond de l’océan, la découverte vire à la farce quand les objets représentant d’abord des éléments des mythologies grecques, romaines ou égyptiennes dérivent vers les civilisations d’Amérique centrale ou du nord, voire aux personnages de Disney.

Palazzo Grassi

Entre les deux sites de l’exposition, nous avons visité quelques pavillons off de la biennale d’art contemporain et emprunté la passerelle de l’Académie pour rejoindre le quartier de Dorsoduro.

Campo San Vio

Le deuxième site est un ancien bâtiment des douanes (Punta della Dogana) qui a eu droit à une rénovation très réussie. Dans sa globalité, l’exposition était vraiment chouette.

Nous avons fait le tour de la pointe de la douane puis longé les quais sud de Dorsoduro avant de traverser pour l’île de la Giudecca. Les banderoles pour exprimer le mécontentement des habitants envers les navires de croisières étaient nombreuses dans le quartier car ces énormes immeubles flottants passaient entre Dorsoduro et la Giudecca jusqu’à la fin de l’année 2017.

Dorsoduro depuis la Giudecca

L’île de la Giudecca avait l’air plutôt boudée des touristes car elle n’est pas très dense en attractions. Le principal bâtiment qui nous y a attiré est le Molino Stucky, une ancienne minoterie gigantesque reconvertie en hôtel de luxe.

Molino Stucky

Les ruelles de l’île étaient vraiment désertes.

Giudecca

Cheminées à la Giudecca

Comme toutes les autres îles, la Giudecca est en réalité constituée de plusieurs îles car elle est coupée de part en part par de nombreux canaux.

Canal traversant la Giudecca

Le soir nous avons à nouveau dîné le long de la fondamenta Misericordia, une longue fondamenta du quartier de Cannaregio, à proximité immédiate de notre logement et plutôt bien garnie en restaurants.

Le lendemain, nous nous sommes levés un peu plus tôt pour aller visiter le palais des Doges (Palazzo Ducale) dès l’ouverture. Même s’il fallait traverser toute la ville à pied pour y aller, le trajet ne nous a pas pris plus de 20 minutes. La ville est vraiment à taille humaine.

Palazzo Ducale

La basilique Saint Marc forme un côté de la cour intérieure du palais des Doges. Les salles sont richement décorées et la salle du grand conseil est une des plus vastes pièces que j’ai pu voir (54m x 25m).

Palazzo Ducale

Le pont des soupirs relie le palais aux prisons et contrairement à la grande majorité des touristes je ne l’ai même pas pris en photo.

Prisons du palais des Doges

Nous étions rentrés dans le palais par le quai San Zaccaria, nous en sommes sortis côté place Saint Marc, dans l’axe de l’escalier d’honneur où les quelques 120 doges qui ont régné successivement sur la sérénissime ont été investis.

Nous avons ensuite visité la basilique Saint-Marc à l’heure où les mosaïques dorées sont illuminées. C’est le seul bâtiment pour lequel nous avons un peu fait la queue, sur des palettes et tréteaux car la basilique étant au point le plus bas de Venise, elle se fait facilement cerner par les eaux à marée haute.

Place Saint Marc

Du balcon de la basilique la vue est splendide sur la place.

Place Saint Marc

Palais des Doges vu de la basilique

Dans l’après-midi nous sommes retourné dans le quartier de Dorsoduro pour l’arpenter en long, en large et en travers. Nous y avons mangé une délicieuse glace, la première du séjour et fait une pause pour un spritz, pas le premier du séjour, l’apéritif traditionnel vénitien au coucher du soleil.

Le quartier un peu excentré devient rapidement délaissé des foules et offre des balades agréables et plusieurs places sympathiques. Proche de l’université, certaines parties du quartier sont très fréquentées des étudiants.

Chantier Naval à Dorsoduro

Canal à Dorsoduro

Campo San Barnaba

En revenant vers le pont du Rialto, nous avons retrouvé une ville moins plaisante, plus dédiée au tourisme et aux souvenirs. Mais il est vrai que dans ce quartier, les palais qui bordent le grand canal sont parmi les plus beaux.

Gondoles près du Rialto

Le dernier jour de notre séjour, nous avons laissé notre sac à la consigne de la gare pour déambuler plus librement dans le quartier de Cannaregio, notre quartier de résidence et pourtant celui que nous avions le moins visité jusque là.

Canal de Cannaregio

C’est un quartier plutôt populaire, au sein duquel se loge le ghetto. Il est caractérisé par de très longues fondamenta, dont la fondamenta misericordia que nous connaissions bien pour y avoir mangé plusieurs soirs. Il s’y trouve moins de palais exceptionnels qu’ailleurs mais une atmosphère plus authentique s’en dégage, celle d’un quartier où les gens vivent vraiment.

Sonette vénitienne

Nous avons visité Ca’Pesaro, le musée d’art moderne et la galerie d’art asiatique… tout ça dans le même palais au bord du grand canal puis nous avons un peu tourné dans les quartiers de San Polo et Santa Croce entre le Rialto et la gare.

Grand Canal

Notre train partait en début de soirée pour nous ramener à Paris seulement le lendemain midi pour cause de travaux sur la partie Suisse du parcours. Un trajet bien long.

Venise est une ville dont je redoutais la fréquentation touristique. Finalement la foule n’était présente que dans quelques quartiers et ce n’était pas vraiment gênant pour une visite en profondeur. Et même dans les zones fréquentées, la ville était excessivement calme, notamment car les voitures et 2 roues motorisés en sont absents.

En tout cas cette ville est extraordinaire et tout ce qu’on peut en dire ne restera que bien en deçà de l’expérience d’une vraie déambulation dans le dédale de ses rues et ses canaux.

Traversée des Alpes : Avignon – Annecy

Le mistral soufflait fort sur la cité des Papes quand François et moi avons débarqué du TGV. Quentin nous attendait dans le hall. Avec ses 4 sacoches rouges, nous ne pouvions pas le louper. Nous avons fait un rapide tour en ville pour quelques courses et un coup d’œil au palais.

Palais des Papes à Avignon

Nous avons ensuite quitté la ville vers le nord-est, le vent nous était plutôt défavorable mais nous avons bien avancé quand même dans la plaine du Rhône. Nous avons pique-niqué à Bédarrides, puis avons rejoint le pied des dentelles de Montmirail à Beaumes-de-Venise. Les 2 cols au programme ce premier jour n’étaient pas bien difficiles : le col de Suzette puis le col de la Chaîne.

Ventoux depuis Suzette

Dentelles de Montmirail

Suzette devant les dentelles

Le Ventoux dominait tout le paysage et nous avons fait étape à Malaucène, au départ d’une des 3 montées possibles vers le sommet du géant de Provence. Le camping s’était vidé peu de temps avant. Ne restaient que quelques touristes étrangers et une piscine à l’eau un peu fraîche mais quand même agréable après une journée de vélo.

Le lendemain nous sommes partis à l’assaut du Ventoux, à notre rythme et sans trop nous distancer les uns des autres. La montée était longue, 21km et 1600m de D+. Il ne faisait pas trop chaud et le vent (110km/h la veille avec des rafales à 130km/h) était tombé, bref des conditions idéales. Nous avons effectué la montée en 3h30.

Ventoux dans les derniers lacets côté Malaucène

Beaucoup d’autres cyclistes faisaient l’ascension. À vélo de route ou bien à VTT à assistance électrique… mais personne d’autre avec des sacoches. Près du sommet, des photographes professionnels nous mitraillaient dans l’espoir de vendre un cliché. Et tout en haut, il y avait foule sous le panneau.

Sommet du Ventoux

La descente côté Sault n’était pas très raide et formait un beau balcon en forêt avec de temps en temps des vues sur le Luberon et la montagne Sainte Victoire. À Sault, nous avons bifurqué plein nord vers Montbrun-les-Bains par une très jolie petite route et le col de Reilhanette.

Montbrun-les-Bains

Mon appareil photo a lâché à ce moment là, après plusieurs faux contacts dans la matinée. Toutes les photos suivantes ont donc été prises avec mon téléphone.

Nous avons longé le Toulourenc puis franchi le petit col d’Aulan avant de rejoindre la vallée de l’Ouvèze. Nous avons fait étape à Montauban-sur-Ouvèze, village dont les commerces : épicerie, café et camping, sont tenus par une seule et même personne, une dame déjà âgée qui tient le village à bout de bras.

Le 3ème jour, nous avons continué de remonter l’Ouvèze jusqu’au col de Perty. C’était un col très facile car jamais très raide dans sa montée en long lacets. Il nous a fait passer des Baronnies à la vallée du Buëch, de la Drôme aux Hautes-Alpes.

Col de Perty

Dans la descente, nous avons passé le village d’Orpierre, dans un très beau site entouré de falaises. Puis nous avons fait les courses et pique-niqué à Laragne-Montéglin. Sur une petite placette, les riverains ont rivalisé d’hospitalité, nous apportant de l’eau, du jus de fruit et même des glaces en dessert.

François nous a quitté ici, le passage du Ventoux, une première en montagne pour lui, l’a décidé à poursuivre des vacances plus calmes. Quentin lui avait un problème mécanique avec une cale. Il nous a fallu trouver un magasin et nous avons emprunté de plus grosses routes vers Sisteron puis Digne-les-Bains.

Sisteron

Résultat, nous avons totalisé 122km au compteur en arrivant dans la vallée de l’Asse au soir, la plus longue étape du parcours et la plus plate, et de loin les routes les moins agréables.

Le lendemain nous sommes montés sur le plateau de Valensole, puis Moustiers-Ste-Marie où nous avons fait quelques courses encore à l’ombre des falaises.

Vallée de l'Asse depuis le plateau de Valensole

Moustiers-Sainte-Marie

Nous avons ensuite rejoint le lac de Sainte-Croix avant de monter à l’assaut de la corniche sublime, la rive gauche du grand canyon du Verdon. Les 700m de D+ via le village d’Aiguines ont été allègrement récompensés par le balcon au dessus des gorges.

Aiguines

Gorges du Verdon

Un couple d’anglais en tandem bien chargé nous dépassait en descente alors que nous les redoublions en montée. La corniche n’était pas vraiment plate mais chaque virage offrait une nouvelle vue imprenable.

Gorges du Verdon

Le dernier coup d’œil sur les gorges était au niveau du balcon de la Mescla.

Gorges du Verdon

Après cela, la route a franchi un petit col avant de nous laisser bifurquer vers le joli village de Trigance.

Trigance

Nous avons ensuite rejoint le Verdon en amont des gorges jusqu’à Castellane où nous avons fait étape. C’était une jolie bourgade dominée par une chapelle au sommet d’une très haute falaise. Point de passage entre la vallée de la Durance et Nice, elle doit quand même être bien morne hors saison touristique.

Le lendemain, nous avons longé le Verdon vers l’amont toute la matinée. Ça ne grimpait pas très raide, nous avons fait des courses à St-André-les-Alpes puis mangé à Colmars. Cette petite cité toute fortifiée était assez inattendue.

Musée de Colmars

Colmars

Quittant la « grande » route du col d’Allos, nous avons préféré emprunté le plus méconnu Col des Champs, qui relie les vallées du Verdon et du Var. C’est la plus petite route de col que nous avons emprunté, plutôt raide et étroite, et presque sans trafic motorisé pour notre premier col au dessus de 2000m.

Col des Champs

Col des Champs

Col des Champs

La descente fût très rapide jusqu’à St-Martin-d’Entraunes et nous avons campé dans le camping qui fait face au village, de l’autre côté du très large lit du Var. Il y avait pire vue pour boire une bière et c’est là que nous avons mis les pieds dans une piscine pour la dernière fois.

Saint-Martin-d'Entraunes

Il faisait frais le lendemain matin, surtout que nous avons commencé par une longue descente le long du Var. Peu après Guillaumes, nous avons traversé les gorges de Daluis, très impressionnantes avec leurs roches rougeâtres et la succession de tunnels (17 si je me souviens bien).

Gorges de Daluis

Plus bas, nous avons emprunté un moment une route à forte circulation dont nous ne nous sommes écartés que pour visiter le très beau village fortifié d’Entrevaux : un petit dédale de ruelles pavées derrière un unique pont d’entrée.

Entrevaux

Après avoir atteint un carrefour vers 330m d’altitude, nous sommes repartis en montée. Sous le soleil de midi ce n’était pas facile et c’est le dernier moment du voyage où nous avons eu vraiment chaud. Nous avons remonté les Gorges du Cians, d’abord les gorges inférieures et leurs hautes falaises calcaires, puis les supérieures avec à nouveau de spectaculaires strates rouges comme à Daluis.

Gorges supérieures du Cians

En deux endroits, la petite et la grande Clue, la route empruntait des tunnels mais l’ancien tracé via la gorge très étroite était encore empruntable à pied ou à vélo.

Grande Clue du Cians

Une fois les strates rouges franchies, le paysage a changé radicalement, laissant place à des forêts de mélèze et de pins. Nous avons passé le village perché de Beuil avant de nous faire rattraper par un généreux orage qui ne nous a pas fait beaucoup profité du col de la Couillole. Dommage car la descente jusqu’à St-Sauveur-sur-Tinée avait l’air spectaculaire, notamment le village de Roubion.

Après avoir effectué toute la descente crispés sur les freins, nous avons rejoins la route métropolitaine de la vallée de la Tinée. Métropolitaine car la départementale est passée sous la responsabilité de la métropole Nice Côte d’Azur. De là nous avons lentement gagné Isola, ce n’était pas raide mais nous étions trempés. Le camping d’Isola avait des emplacements en gravier pas très adaptés aux tentes mais au moins nous avons pu manger à l’abri en compagnie… du couple d’anglais en tandem vu 3 jours plus tôt dans le grand canyon du Verdon !

Nous avons quitté les lieux un peu plus tôt que d’habitude le lendemain. 40km de montée nous attendaient pour quasiment 2000m de D+ pour gravir la cime de la Bonette. Nous avons grimpé à notre rythme, faisant des pauses régulièrement, d’abord à St-Etienne-de-Tinée pour quelques emplettes. Nous avons pique-niqué au camp des Fourches, un ancien baraquement militaire d’altitude.

Camp des Fourches

Nous sommes arrivés au sommet un peu après 14h, après près de 7h de montée. La dernière portion qui fait le tour de la cime était particulièrement raide à 15% pour atteindre les 2802m d’altitude, notre plus haut point du voyage. La construction de cette route ne fut terminée que dans les années 60… alors que Napoléon III l’avait décrétée d’importance impériale.

Cime de la Bonette

Cime de la Bonette

Après nous être bien couverts pour les 24km de descente du versant nord, nous avons dévalé vers la vallée de l’Ubaye. Et très rapidement en milieu d’après-midi, nous nous sommes installés au camping de Jausiers. C’est celui que j’ai trouvé le plus sympathique, un des dernier encore plein de cyclo-campeurs et en plein cœur du village.

Le lendemain nous sommes repartis pour le col de Vars, une étape de repos presque, en comparaison du dénivelé de la veille. Et en effet nous sommes arrivés assez vite au sommet, la montée est passée presque toute seule.

Col de Vars

Nous avons fait halte à Guillestre pour des courses et le pique-nique puis sommes montés dans la combe du Queyras. La pluie s’est mise à tombée, fine, pénétrante et froide. Nous avons roulé très doucement jusqu’au pied de l’Izoard à Brunissard. L’auberge des bons enfants avait encore de la place et nous y avons passé la nuit au sec et au chaud, notre seule étape « en dur ».

Par la fenêtre de la cuisine nous pouvions voir que la pluie était en réalité de la neige quelques centaines de mètres plus haut.

Le réveil a été particulièrement froid sur Brunissard. Le ciel était dégagé et les sommets poudrés.

Brunissard

Dans l’ombre de la montagne, notre effort pour la petite dizaine de kilomètres avant le col de l’Izoard nous a réchauffé, mais au col le thermomètre de mon compteur indiquait quand même 0,7°C. La descente a été particulièrement douloureuse pour les doigts et les orteils.

Col de l'Izoard

Même à Briançon, il ne faisait pas très chaud. Nous avons fait le tour de la jolie cité Vauban, ses remparts dominant toutes la vallées et ses petites ruelles étroites qui doivent être bien froides en hiver.

Briançon

Briançon

Briançon

Nous avons ensuite remonté la vallée de la Guisane en direction du col du Lautaret. Le vent nous ralentissait beaucoup et nous empêchait de nous réchauffer. Nous avons fait halte près du torrent dans un petit hameau d’où nous avons vu notre premier glacier. Et au col, la Meije écrasait le paysage, étincelante des récentes chutes de neige.

La Meije

Nous avons continué de nous élever jusqu’au col du Galibier, doucement mais sûrement. Je m’arrêtais régulièrement pour prendre des photos de la vallée de la Guisane ou des nouveaux sommets qui apparaissaient. J’ai reconnu très vite la barre et le dôme des Écrins à plus de 4000m.

Barre des Ecrins

Au pied du col, le créateur du tour de France a son monument démesuré, à sa « gloire » et non pas simplement en son honneur.

Monument à Desgranges au pied du Galibier

Après une photo pour immortaliser le passage de ce col mythique, nous nous sommes à nouveau bien emmitouflés pour la descente vers Valloire.

Col du Galibier

Nous avons fait étape à Valloire et changé nos plans pour les jours qui suivirent. Tenter l’ascension de l’Iseran nous a semblé déraisonnable au vu des maussades prévisions, du froid et de la neige.

Aussi, le lendemain nous avons descendu la Maurienne au lieu de la monter. Avant cela nous avons facilement gravi le col du Télégraphe, puisque nous l’avons franchi presque en descente.

Col du Télégraphe

En aval de St-Jean-de-Maurienne, nous avons fait un petit détour par les lacets de Montvernier, juste par curiosité pour ce site étonnant et ses 13 épingles à cheveux très serrées.

Lacets de Montvernier

Ensuite nous avons grimpé le col de la Madeleine. La montée était longue et soutenue avec des chiffres proche de ceux du Ventoux aussi bien en distance qu’en dénivelée. Ce fût notre dernier grand col.

Jusque là, les inscriptions politiques sur les routes de cols était fréquentes mais touchaient plutôt à la loi travail et à l’accueil des réfugiés. Les tags SOS réfugiés étaient d’ailleurs souvent masqués en noir. Dans ce col c’était des tags anti PMA et GPA, ceux là n’avaient pas subit de tentative de masquage.

Col de la Madeleine

Après une longue descente vers la vallée de la Tarentaise, nous avons fait halte dans un camping « de routiers » à La Bâthie, presque au bord de la 2×2 voies.

Le lendemain il faisait gris et il a plu une bonne partie de la journée. Nous avons visité la cité médiévale de Conflans au dessus d’Albertville, récemment rénovée et encore en plein travaux, puis utilisé la véloroute en direction d’Annecy.

Cité médiévale de Conflans

Albertville

Nous avons fini par rejoindre le lac et la ville d’Annecy avec quelques beaux rayons de soleil en fin d’après-midi.

Lac d'Annecy

Mon frère et sa petite famille nous ont accueilli et hébergé. C’est là que j’ai arrêté le voyage et Quentin a lui repris la route pour quelques jours supplémentaires vers le Chablais puis Genève.

Avec mon frère nous avons fait un peu de canoë sur le lac, seuls au pied des falaises du roc de Chère c’était un point de vue inhabituel sur le lac.


Le parcours : https://www.bikemap.net/en/route/4206142-traversee-des-alpes-avignon-annecy/

Le long du Rhin

Face au monumental Deutsches Eck, nous avons laissé la Moselle après 7 jours en sa compagnie pour remonter le long du Rhin.

Deutsches Eck

Nous quittons Coblence aussi simplement que nous y sommes arrivé, les pistes le long des 2 fleuves étant très bien balisées et dans des parcs la plupart du temps.

Le Rhin est bien plus large que la Moselle, plus agité et avec un trafic plus dense. Assez rapidement après avoir quitté la ville nous avons commencé à apercevoir de beaux châteaux. Le Marksburg est un des plus impressionnants. La photo ne lui fait pas honneur, mais la largeur du fleuve est bien visible, la péniche n’a pas l’air grande.

Marksburg

Nous sommes restés rive gauche sur l’itinéraire officiel de l’EuroVelo 15. Les indications étaient très visibles tout le temps et l’indication des distances très appréciable.

Panneaux EuroVelo 15

Cette partie du cours du Rhin était assez encaissée avec quelques jolies petites villes comme Boppard et Sankt Goar.

Boppard

Sankt Goar

Les traversées du Rhin n’étaient possibles qu’en bac et la circulation sur la rivière était un spectacle amusant avec toujours en toile de fond de beaux villages, des coteaux abrupts et des châteaux.

Sankt Goarshausen et son bac

Nous nous sommes arrêté pour la nuit dans un grand camping au pied de la Loreley. Nous avons trouvé le site un peu décevant, une barre rocheuse à peine plus haute que les autres, simplement signalée par un drapeau. De plus, les voies ferrées de chaque côté où passaient en permanence des trains de marchandises, rendaient la vallée plutôt bruyante.

La Loreley

Le lendemain nous avons parcouru ce qui restait de ces « gorges » et que j’ai trouvé plus joli que la veille. Mais peut-être était-ce simplement la lumière matinale.

Plusieurs des bourgs que nous avons passé portaient les marques d’anciennes fortifications.

Oberwesel

Oberwesel

Le Rhin n’avait pas l’air si simple à naviguer. En plusieurs endroits, des bancs de sables ou des rochers affleurent. C’est le cas au pied du Marksburg et de la Loreley. À Kaub, c’est carrément un petit château qui a été construit sur l’île au centre du fleuve.

Kaub

Nous avons fini par rejoindre Bingen où le Rhin change complètement d’allure. Il semble large et calme avant de pénétrer dans les gorges, là encore bien gardées par des tours et des forts.

Le Rhin à Bingen

Les vignes ont refait leur apparition avec au sommet un énorme mémorial.

Mémorial au dessus de Bingen

L’après-midi a été la plus chaude du voyage et nous avons été heureux de trouver un Biergarten quelques villages plus loin. L’itinéraire s’est éloigné du fleuve, dans les champs ou le long de digues.

À l’entrée de Mayence c’était la zone portuaire qui nous séparait du Rhin et nous faisait une route très industrielle. Nous avons traversé sur le vieux pont de Mayence pour aller au camping. Le coucher de soleil sur la ville était pas mal du tout.

Pont de Mayence

Et le lever non plus sur l’énorme cathédrale rose de la ville.

Cathédrale de Mayence

Nous avons petit-déjeuné en ville sous un ciel un peu chargé avant de repartir vers le sud.

Mayence

Nous sommes resté à l’écart de la rivière la majeure partie de la journée, le long d’une sorte de route des vins entre vignobles et petits villages. La pluie nous a rattrapé à Worms dont je n’ai du coup aucune photo alors que la ville avait l’air de valoir le détour. Je n’ai pris vers la fin de l’averse que l’impressionnante porte qui enjambe une des chaussées du pont que nous avons emprunté pour passer rive droite.

Pont de Worms

A l’entrée de Mannheim, nous avons d’abord pris un petit bac sur un ancien bras de la rivière et avons continué avec en toile de fond les raffineries de Ludwigshafen.

Raffineries de Ludwigshafen

La ville elle-même n’était pas particulièrement belle. Elle a un plan quadrillé caractéristique auquel elle doit son surnom de Quadratestadt. Les rues du centre n’ont pas de nom et le système d’adresse fonctionne par bloc, ce qui est assez unique.

Mannheim

Bloc de Mannheim

Nous avons campé au bord de la rivière de l’autre côté d’un grand parc forestier au sud de la ville. Le camping de Mannheim était du coup assez calme.

Le lendemain nous sommes partis en direction de Spire (Speyer), empruntant de ce fait des pistes que j’avais déjà utilisé en 2012 en revenant de république Tchèque. Nous avons bien entendu fait un détour par le centre-ville et son énorme cathédrale romane.

Cathédrale de Spire

Spire

La vallée du Rhin est devenue ensuite sans grand intérêt. Mais l’itinéraire cyclable lui-même était fort plaisant le long des digues, manquant toutefois un peu d’ombre.

Pour notre dernier pique-nique en Allemagne j’ai quand même pris en photo une ouette d’Égypte. Depuis Schengen elles étaient partout. Là où en France c’était plutôt les Bernaches du Canada qui dominaient.

Oie d'Egypte à Germersheim

Nous avons fait étape à Lauterbourg où nous avons pu nous baigner dans le lac. Le maillot de bain a au moins servi une fois.

Au matin, tous mes compagnons sont repartis en train vers la Franche-Comté et j’ai repris la route en direction de Paris. J’avais dans l’idée de rentrer complètement en train mais sans être très motivé pour traverser la Champagne. Donc j’envisageais n’importe quelle gare sur le trajet comme arrivée.

En tout cas je ne voulais quand même pas zapper les Vosges du Nord et je n’ai pas été déçu par les villages, les immenses forêts qui sentaient bon l’humidité et les impressionnantes ruines de châteaux forts en grès rose.

Wissembourg

Fleckenstein

Arnsberg à Obersteinbach

Le relief de la zone était en plus assez agréable, beaucoup moins prononcé que dans les Vosges du Sud mais bien marqué pour de beaux paysages. À la sortie de la zone boisée, j’ai rejoint le canal des Houillères de la Sarre pour quelques kilomètres. puis suivi une très longue et affreuse ligne droite en direction de Dieuze. De là j’ai suivi les panneaux de la route du sel pour finir à l’ancienne place forte Vauban de Marsal dont la position est assez curieuse.

Porte de Marsal

J’ai fait étape à Vic-sur-Seille au bout de 160km, bien usé par un vent obstinément de face depuis ma sortie des Vosges du Nord.

Le lendemain, le soleil n’a pas éclairé longtemps ma route. S’il éclairait bien les façades de Vic, de gros nuages bouchaient l’horizon de l’autre côté de la Moselle.

Vic-sur-Seille

Arrivé à Custines au bord de la Moselle, sur nos traces d’une dizaine de jours auparavant, j’ai finalement obliqué directement vers Nancy, que je comptais au départ éviter.

Place Stanislas à Nancy

J’ai filé directement à la gare, comptant trouver un train pour Paris dans la journée, éventuellement via Bar-le-Duc avec un TER. Coup de bol, j’ai eu une place dans un TGV sur le départ et avant midi je regardais les gouttes de pluie s’écraser sur les vitres du train.


Quelques chiffres :

  • 15 étapes (13 en groupe, 2 seul)
  • 6 nuits en Allemagne, 8 en France, toujours sous la tente
  • 1250 kilomètres (1040km en groupe)
  • 79 km/jour en moyenne sans compter les 2 derniers jours un peu hors norme
  • étapes les plus courtes : Passonfontaine – Montbozon et St Goar – Mayence : 65km
  • étapes les plus longues : Lauterbourg – Vic-sur-Seille : 160km, Mannheim – Lauterbourg : 101km et Mayence – Mannheim : 91km
  • Pépin technique : zéro

Et le parcours :

Parcours Moselle et Rhin