(Voyage à vélo été 2020 3/3) Bresse – Auxerre

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<< 2ème partie

Après une pause de quelques jours en Bresse et pour la dernière semaine de notre voyage à vélo de l’été 2020, nous sommes repartis en direction de la région parisienne. La première étape était relativement courte dans la campagne bressane. Autour de St-Trivier nous avons pu voir quelques-unes des rares cheminées sarrasines restantes dans la région. Tandis qu’à Cuisery nous avons rendu visite à quelques libraires de ce village du livre. A la sortie de Cuisery, rien n’indiquait l’origine d’un majestueux cèdre qui aurait pourtant été semé en 1734 par Bernard de Jussieu et serait, avec celui du muséum d’histoire naturelle à Paris, l’un des plus vieux cèdres du Liban de France.

Nous avons fait étape à Tournus, y arrivant dès la mi-journée pour avoir le temps de visiter son abbaye romane et son musée du vélo. Je ne connaissais pas vraiment la ville bien que mes grands-parents y aient longtemps tenu une pharmacie dans la rue principale.

Le jour suivant, nous avons remonté la Saône en direction de Chalon, empruntant successivement la voie bleue le long de la rivière puis la voie bressane sur le tracé d’une ancienne voie ferrée. C’est à l’entrée de Chalon-sur-Saône que nous avons dû réparer l’unique crevaison du voyage.

La sortie de cette grosse ville bourguignonne était bien fléchée pour nous faire rejoindre le canal du centre en direction de Chagny. Nous avons quitté le canal à Santenay où se croisent plusieurs itinéraires cyclables pour grimper doucement au milieu des vignes jusqu’à Nolay où nous avons campé.

Après Nolay, nous avons franchi un petit col et continué en suivant le balisage en direction d’Autun. A Epinac nous avons pu voir les vestiges de l’exploitation du charbon en Bourgogne. C’est d’ailleurs la présence des mines ici qui a justifié très tôt la création d’un chemin de fer qui est aujourd’hui une splendide voie verte.

Nous avons rencontré plusieurs châteaux au court de cette étape, presque un par village, avant de nous enfoncer dans les forêts du Morvan dans une lente montée ombragée. Nous nous sommes arrêté pour la nuit à St-Brisson et nous y avons visité la maison du Parc Naturel Régional du Morvan. Le petit camping municipal est très bien et peu fréquenté mais il ne faut pas compter pouvoir se doucher avant l’arrivée de la responsable à 18h pour distribuer les jetons.

Le camping est face à l’étang Taureau qui se pare de belles couleurs au coucher du soleil. Au matin la météo menaçante y transformait radicalement l’ambiance, tout comme sur le lac de St-Agnan un peu plus bas.

Nous avons roulé avec l’impression de ne faire presque que de la descente jusqu’à Époisses, où nous avons bien évidemment fait honneur à l’odorant fromage local. En rattrapant la vallée du Serein nous avons fait une petite visite au village perché de Montréal avant de nous prendre une averse mémorable mais qui sera finalement la seule vraie averse des vacances. Il aura fallu attendre l’avant dernière étape pour que les pantalons de pluie servent à quelque-chose.

Nous avons fait étape à Noyers. Nous avons eu le camping municipal pour nous seuls en allant chercher la clé au musée et ce fut le camping le moins cher des vacances (4,04€ pour 2). Il est très peu fréquenté probablement à cause de cette logistique un peu compliquée pour récupérer les clés qui implique impérativement d’appeler la mairie avant et de ne pas arriver un jour férié. Pourtant le village de Noyers vaut le voyage et le camping est en plein village.

Le village de 600 habitants compte quelques 78 bâtiments inscrits ou classés aux monuments historiques, c’est dire à quel point cette cité médiévale est admirablement conservée. Nous voulions également y faire étape pour son petit musée d’art naïf très surprenant.

Pour la dernière étape du voyage nous avons mis le cap vers Auxerre, d’abord dans une partie plutôt boisée puis dans les vignobles du Chablis et de l’Auxerrois via les villages ce Préhy, Chitry et St-Bris-le-Vineux. Puis nous avons rejoint les bords de l’Yonne et du canal du Nivernais au niveau de Champs-sur-Yonne et Vaux.

De là il ne nous restait plus que quelques kilomètres le long de la rivière pour atteindre Auxerre.

Ne désirant pas traverser les abords de la région parisienne qui nous étaient déjà bien connus, nous avons pris un TER pour rentrer à Paris.

(Voyage à vélo été 2020 2/3) Aveyron – St-Etienne

<< Le voyage a commencé ici

Au bout de quelques jours, nous avons récupéré nos vélos réparés et étions prêts à repartir pour une petite traversée du massif central avec St-Etienne en ligne de mire mais en faisant pas mal de détours en route.

La première étape nous a refait franchir de Lévézou au dessus de Sévérac-le-Château puis replonger dans la vallée du Tarn jusqu’à Millau où la chaleur était à nouveau écrasante. Ce fût sans doute la journée la plus chaude des vacances. Nous avons ensuite remonté les superbes gorges de la Dourbie, profondément creusées entre le Causse Noir et le Causse du Larzac. La montée par cette chaleur, bien que peu pentue était rendue pénible par l’absence d’ombre et l’absence d’endroits pour se poser, ni bancs, ni belvédères aménagés sur plus de 20km. Puis nous avons quitté la Dourbie pour les gorges plus sauvages du Trèvezel (un nom qui sonne plutôt breton !) au niveau du village perché de Cantobre. Nous avons finalement atteint les confins du département du Gard au village de Trèves où nous avons fait étape.

Si vous avez la topographie des environs en tête, vous avez deviné que nous nous dirigions vers le Mont Aigoual. Et en effet, en ce deuxième jour nous avons démarré par une trentaine de kilomètres de montée dans les gorges du Trèvezel au debut, puis en balcon au dessus de l’abîme de Bramabiau et enfin par une dernière portion assez douce vers le col de la Serreyrède. L’arrivée au sommet se fait par une route fermée aux voitures qui fait tout le tour du sommet du Mont Aigoual et surplombe le versant complètement boisé et très pentu des sources de l’Hérault.

Le temps n’était hélas pas assez clair pour nous permettre de voir les Pyrénées ou les Alpes, pas même le Ventoux. Mais le panorama restait grandiose de tout côté.

Nous sommes redescendu côté Lozère rejoindre des amis qui passaient leurs vacances à proximité de Meyrueis. L’étape bien qu’assez courte nous a apporté la fierté d’avoir gravi le mythique Mont Aigoual.

Le lendemain notre ami a loué un vélo à Meyrueis pour nous accompagner sur le Causse Méjean jusqu’à Florac. Nous avons surplombé Meyrueis avant de grimper sur le causse au dessus des gorges de la Jonte. Puis nous avons bifurqué sur une petite route partiellement en balcon sur la bordure du Causse qui nous a offert de très beaux panoramas, presque traverser le chaos de Nîmes le Vieux et surtout nous a offert une descente spectaculaire sur le village de Vebron.

Nos amis nous ont laissé à Florac, sous-préfecture de la Lozère avec beaucoup de bâtiments abandonnés en son centre mais visiblement un haut lieu de la randonnée vu sa fréquentation en été. Nous avons terminé la journée par une longue montée de la vallée du Tarn, dans de très belles forêts de châtaigniers où les apiculteurs avaient dispersé des ruches, jusqu’au village du Pont-de-Montvert.

Le village était grouillant de visiteurs et le camping absolument plein. Nous avions réservé un emplacement la veille et le camping car familial nous a à nouveau rejoint. Le vieux bourg de granit est particulièrement pittoresque et la circulation routière y était un peu chaotique avec la surfréquentation, notamment d’adeptes de Stevenson menant leurs ânes parfois avec difficulté.

Le lendemain, un autre « gros morceau » nous attendait, le col de Finiels à 1541m d’altitude, nous faisant franchir la barre du Mont Lozère. Les températures avaient brutalement baissé et le vent s’était levé et nous ne quitterons pratiquement pas les polaires pour cette journée pour l’essentiel au dessus de 1000m.

Ce furent parmi les plus belles routes du voyage, et après le Mont Lozère, poursuivant vers le nord nous avons également grimpé le col du Goulet puis traversé la sublime forêt de Mercoire. Nous avons fait étape au camping du Pont de Braye à Chastaniers, en l’appelant le midi pour vérifier qu’il restait une place car nous avons remarqué que la Lozère était une destination très prisée en 2020. C’est probablement le camping que j’ai le plus envie de recommander.

C’est aussi là, à 1056m d’altitude, que le réveil aura été le plus frais, 5°C vers 8h du matin en ce matin du 5 août. La destination nous a semblé climatiquement résiliente ! Nous étions heureux de profiter une dernière fois du camping car familial pour un petit déjeuner au chaud.

Nous avons commencé par une très longue et agréable descente de la vallée du Chapeauroux jusqu’à son confluent avec l’Allier dans un site à faire rêver tous les maquettistes ferroviaires. Nous avons même attendu quelques minutes le passage d’un des rares trains de la journée sur cette spectaculaire ligne qui relie Clermont et Nîmes.

Puis nous avons quitté le granit de la Lozère pour grimper dans le basalte du Devès et un paysage définitivement plus volcanique avec des petits puys parsemant le paysage. Nous avons franchi le Devès au joli village d’altitude du Bouchet-St-Nicolas aux maisons toutes en pierre de lave.

Nous sommes ensuite descendus vers Le Puy en rattrapant la voie verte du Velay qui emprunte une ancienne voie ferrée avec de longs tunnels. Nous avons poussé les vélos dans les petites ruelles piétonnes du Puy puis avons repris notre route le long de la Loire le long de beaux méandres jusqu’à Lavôute-sur-Loire. Bien que rouge sur la carte, la route qui longe la Loire n’était pas si fréquentée que ça.

Nous avons fait étape dans un agréable camping très fréquenté des cyclistes car situé au croisement de deux itinéraires : la vallée de la Loire et la Via Fluvia, cette dernière reliant les vallées de la Loire et du Rhône à travers la Haute-Loire et l’Ardèche.

Le lendemain nous avons continué le long de la Loire, toujours sur la D103 modérément fréquentée. La Loire est déjà large à ce niveau et traverse le joli village de Chamalières. La circulation se fait plus dense après Retournac, et nous ne sommes pas mécontent de quitter cet itinéraire à Bas-en-Basset pour grimper dans le massif du Forez. La petite route bien ombragée et absolument déserte qui longe l’Aigue Blanche fut un régal et nous a fait déboucher sur le plateau du Forez au village typique de St-Hilaire.

Quelques kilomètres de forêts de conifères plus loin, nous nous sommes arrêtés pour l’étape à St-Bonnet-le-Château et avons été agréablement surpris de découvrir, loin au dessus du paysage, le Mont Blanc depuis la terrasse du village perché. Un peu loin tout de même pour être bien visible sur les photos.

Dernière étape de cette traversée du massif central, nous sommes descendus tôt vers St-Etienne pour rallier ensuite Bourg-en-Bresse en train. Le trajet en balcon vallonné au dessus de la plaine du Forez nous a offert quelques beaux panoramas et surtout un passage par le superbe lac de Grangent, lac de barrage dans une zone où la Loire est encaissée qui a isolé un château sur une île.

Aux environs de Bourg nous avons passé quelques jours dans la famille et visité le monastère royal de Brou qui mérite vraiment le détour.

Le voyage se termine ici >>

(Voyage à vélo été 2020 1/3) Soustons – Aveyron

Avertissement : les images dans les articles sont parfois recadrées, n’hésitez pas à cliquer dessus pour les voir en entier.

A peine quelques jours après notre petit voyage vers la côte d’albâtre, nous sommes repartis pour un voyage à vélo plus conséquent de 4 semaines en France. Avant la pandémie, nous avions commencé à organiser un voyage en Irlande, le ferry était réservé et le parcours à peu près calé… Mais les longues semaines sans avoir pu retrouver nos proches ont repoussé ce projet pour le remplacer par l’idée de rejoindre différents amis et membres de la famille dans le pays.

Nous avons pris le TGV jusqu’à Dax pour commencer au bord de l’océan et avec la famille de Soustons. Une petite boucle sur les routes forestières et voies exclusivement cyclables des Landes a constitué l’essentiel de notre première journée de vacances.

Ensuite nous avons mis le cap sur l’intérieur des terres, dans une chaleur lourde et en profitant du parcours ombragé de la voie verte de la Chalosse, dominant la vallée de l’Adour. Nous avons fait une première étape à St-Sever avant de rejoindre une autre voie verte à la sortie de Mont-de-Marsan.

Cette portion de l’Eurovélo 3 entre le Marsan et l’Armagnac est très agréable et facile à suivre à l’exception d’un tronçon manquant à Villeneuve-de-Marsan. Elle passe par le très joli villa de Labastide-d’Armagnac, qui, outre son petit centre préservé, est connu pour sa chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes un peu à l’écart. Hélas nous sommes passés sans nous renseigner le jour de sa fermeture hebdomadaire.

Nous avons fait étape dans un minuscule camping à la ferme à proximité de Cazaubon. Le lendemain nous avons poursuivi la voie verte jusqu’à son extrémité à Gabarret avant de commencer à goûter aux collines du Gers et à sa petite concentration de « plus beaux villages de France » les uns à côté des autres : Montréal, Fourcès et Larressingle. Les 3 villages sont très différents les uns des autres, la colline de Montréal se mérite, la bastide ronde de Fourcès est unique en son genre et la forteresse de Larressingle ravissante.

En redescendant ensuite vers Condom nous sommes tombés à nouveau sur un petit morceau de voie verte dont l’ombrage a été bienvenu. La petite sous-préfecture gersoise possède un joli centre-ville aux ruelles resserrées autour de sa cathédrale et une statue inattendue en hommage à d’Artagnan et aux trois mousquetaires.

Ici encore nous avons fait étape dans un camping à la ferme, plus précisément dans une exploitation viticole. La nuit fut ponctuée de violents orages sur l’horizon, et le campement étant situé dans un bois au sommet d’une colline, ce n’était pas très rassurant.

Dès l’aube nous sommes passés par le village de La Romieu, étape semble-t-il importante pour les pélerins de St-Jacques qui étaient déjà présents sur les routes tôt le matin. C’est un joli village médiéval lové autour de sa collégiale et son cloître.

Nous avons obliqué plein sud en direction d’Auch pour une étape courte mais plutôt difficile avec de bons raidillons dans les collines du Gers. Nous sommes passés par Lavardens et son château perché avant de rejoindre Auch par les hauteurs, descendants vers la cathédrale puis les bords de la rivière.

De là nous avons pris le TER pour Toulouse et passer un peu de temps avec la famille toulousaine. La canicule s’installant sur la région, nous avons un peu modifié nos plans pour aller en altitude du côté des Monts de Lavaune. Aussi nous avons repris un train dès le lendemain soir pour Castres au pied du Sidobre.

D’abord suivant un très joli chemin au dessus de l’Agout, nous nous sommes très vites enfoncés et élevés dans le Sidobre. Sur la route de Lacrouzette, il y avait un peu de trafic de poids lourd car le petit massif héberge une intense activité de taille de granit. Certains de ces blocs de granits, prenant des formes inattendues ou encore tenant miraculeusement en équilibre depuis des siècles font d’ailleurs la réputation et le mystère de ce tout petit massif du Sidobre.

Après être redescendus du plateau du Sidobre, nous sommes lentement remontés vers les monts de Lacaune par la luxuriante vallée du Gijou. Les rares villages qui la parsèment (Vabre, Lacaze) sont magnifiques dans leur isolement. La route était presque déserte et la dernière portion de cette vallée offre même un petit morceau de voie verte sur le tracé surplombant d’un ancien tacot.

Lacaune, petit bourg de montagne est d’aspect un peu austère et doit sa réputation surtout à sa gastronomie : fromage et charcuterie. Une place est ornée d’une fontaine monumentale dite « des pisseurs » où l’eau jaillit de 4 « Manneken-Pis » locaux.

L’option des monts de Lacaune pour échapper à la canicule fut excellente. Au matin à 800m d’altitude il ne faisait gère plus de 5°C et les lourdes chaleurs de la Chalosse, du Gers et de Toulouse semblaient déjà loin.

Dès la sortie du village, juste après le col de la Croix de Deux Sous, nous sommes passés à côté de Peyro Lebado, la pierre levée, rien de moins que la plus grande statue menhir… d’Europe. Nous avons progressé sur ce plateau d’altitude des Monts de Lacaune vers Murat-sur-Vèbre avant de plonger dans la sublime vallée du Dourdou et le département de l’Aveyron.

En Aveyon, nous sommes passés par Sylvanès où nous avons fait un détour par son église orthodoxe russe très isolée dans la forêt et par son abbaye romane bien plus connue. Les deux lieux sont très intéressants à visiter.

Nous avons ensuite changé de vallée pour celle de la Sorgue. Des membres de la famille nous ont rejoint en camping-car dans un minuscule camping où des chiots et un petit cochon noir jouaient ensemble entre les tentes.

L’étape suivante a débuté en balcon au pied du Larzac, en passant par le village templier de St-Jean-d’Alcas. puis par Roquefort. C’est dans la descente du col des Aiguières que mes freins ont commencé à faire un bruit étrange à chaque tour de roue et je me suis vite aperçu qu’une jante commençait à se fissurer. L’entaille étant encore à peine visible à Roquefort, nous avons quand même continué l’étape.

Nous avons franchis le Tarn à St-Rome, après une longue descente pendant laquelle j’ai évité de freiner sur la jante fissurée. Après avoir traversé une rivière Tarn d’une couleur délicieuse, nous sommes remontés sur le Lévezou par la sublime vallée de la Muze, une petite route presque déserte jusqu’à St-Beauzély.

A l’entrée du village de St-Beauzély, c’est la chaine de mon comparse qui a cassé net. Ses parents reviendront le chercher en camping car. J’ai terminé malgré tout l’étape mais au soir nos 2 vélos étaient inutilisables. Après avoir appelé plusieurs réparateurs de vélos à Millau et Rodez, c’est finalement le Décathlon d’Onet-le-Château qui a accepté de réparer nos 2 montures. C’est le seul magasin du coin qui disposait d’une roue arrière en stock. Pendant 5 jours nous avons profité de la famille et fait un peu de tourisme plus traditionnel, entre le point sublime au dessus des gorges du Tarn, le centre médiéval de Séverac, le trou de Bozouls, le musée Soulages à Rodez et les burons de l’Aubrac.

Le voyage se poursuit ici >>

Entre Picardie et Normandie

Nous avons parcouru cette petite boucle à vélo du 11 au 14 juillet 2020. Nous avons choisi comme point de départ Beauvais, à 1h20 en train de Paris Gare du Nord. Le déconfinement a été très progressif au printemps et au début de l’été et ça se ressentait encore beaucoup dans la fréquentation des trains et des campings. Le TER était presque vide et la ville de Beauvais encore relativement déserte au petit matin.

La cathédrale était encore fermée lors de notre passage et nous sommes rapidement sortis de la ville par un chemin calme le long d’une petite rivière derrière l’hôtel de département qui nous a fait déboucher sur le plan d’eau du Canada.

Après avoir contourné le lac, nous avons quitté la vallée du Thérain en grimpant sur le coteau de Montmille. La route passe sous un bâtiment porche de l’ancien prieuré qui semble très apprécié des hirondelles.

Le plateau légèrement vallonné du beauvaisis nous a ensuite mené agréablement en direction de Gerberoy, un village classé parmi les plus beaux villages de France. Il se dégage une atmosphère très particulière et pleine de sérénité de ce village aux petites maisons à colombages et aux rues pavées. La végétation omniprésente devant les maisons et grimpant sur les façades y est sans doute pour beaucoup.

En contrebas du village, dans la vallée du Thérain, Songeons est un bourg beaucoup plus actif et commerçant. On y trouve une jolie halle.

En remontant vers le nord, le paysage change subtilement et les pâturages laissent de plus en plus de place aux grandes cultures. Le lin est assez présent et facilement reconnaissable. En cette saison il a déjà été fauché et sèche bien en ligne dans les champs. Un peu plus à l’ouest dans le pays de Caux, il existe d’ailleurs une véloroute du lin.

Nous achetons de quoi manger à Songeons et dans un petit marché à Loueuse. Au menu ce sera un fromage de Neufchâtel, le premier d’une petite série puisque ce sera vraiment LE fromage de cette boucle, présent à presque tous les repas. Nous avons pique-niqué à Sarcus près d’une statue portant le masque, dans le plus pur respect des gestes barrières.

Notre fin d’étape était à Poix-de-Picardie, une bourgade à l’écart de tout circuit touristique mais doté d’un camping municipal très agréable. A l’entrée de la ville, nous avons aussi salué l’ancienne piscine tournesol, une piscine préfabriquée typique des années 70-80 dont je n’avais découvert l’existence que très récemment.

Nous avons eu le temps de visiter la cité de fond en comble, de sa large place centrale à l’imposant viaduc ferroviaire de la ligne Amiens-Rouen.

Le lendemain matin, nous sommes montés sur le plateau picard et avons commencé la journée sur un itinéraire un peu monotone entre grandes cultures et éoliennes jusqu’à atteindre le sublime château de Rambures tout en briques et en rondeurs dans un parc boisé. Nous ne l’avons pas visité mais il méritera un retour dans la région.

Nous avons poursuivi dans la vallée de la Bresle à partir de Blangy-sur-Bresle en la quittant seulement pour les bosses et les jolies routes forestières de la Forêt Indivise d’Eu. Ces routes nous ont fait déboucher sur le site antique de Briga, une grande cité gallo-romaine. Le site ne se visite pas vraiment, il fait toujours l’objet de fouilles saisonnières. Mais la petite route le traverse en plein milieu.

La colline se dévale ensuite jusqu’en plein centre d’Eu, une des 3 villes sœurs avec les cités du Tréport et de Mers-les-Bains. En son centre se trouve un grand château, ancienne demeure de la famille d’Orléans qui abrite aujourd’hui le musée Louis-Philippe car il a été sa résidence d’été.

A peine quelques kilomètres plus loin le long de la Bresle canalisée, nous avons débouché sur la mer au niveau de la gare du Tréport puis déposé nos bagages au camping de la falaise au dessus de Mers-les-Bains. Même en plein mois de juillet, il y restait de la place. Il a été à la fois le camping le plus cher et le plus vétuste de ce circuit. Son bon emplacement, dans le village et proche du haut des falaises se paye.

Mers-les-Bains était très fréquentée, aussi bien dans le village qu’au dessus des falaises. Ce n’était pas encore un vrai bain de foule mais un semblant de normalité quand même après le confinement du printemps. Après avoir visité la cité et longé ses villas d’architecture balnéaire, nous avons diné en terrasse d’un restaurant (La Terrasse sur la place du marché) puis attendu le coucher du soleil au sommet des falaises.

La première moitié de la troisième étape, nous avons suivi la véloroute de la côte d’Albâtre, située sur la vélomaritime, elle-même constituant le tronçon français de l’Eurovélo 4.

D’abord nous avons tourné dans le pittoresque quartier des cordiers du Tréport avant de grimper jusqu’au belvédère qui pour moi est le plus beau de toute cette côte. On y voit les maisons des vieux quartiers, la gare, Mers-les-Bains puis ses falaises, et enfin le Hâble d’Ault : le début de l’immense baie de Somme. C’est déjà la troisième fois que j’y passe à vélo et je ne m’en lasse pas.

La véloroute jusqu’à Dieppe est plutôt située dans l’intérieur des terres sur le plateau et ne longe la mer qu’au niveau de Criel-sur-Mer. Nous avons croisé pas mal de cyclotouristes sur cette portion de trajet.

Sur le plateau, nous sommes passés au large de la centrale nucléaire de Penly dont on ne voit rien dépasser hormis les lignes à haute tension qui en partent. L’arrivée par le plateau permet un petit détour par un joli belvédère face au port et au château de Dieppe.

J’aime bien la ville mais la trouve un peu trop envahie de voitures. Le centre ville est en effet traversé par un flot ininterrompu de véhicules roulant au pas pour atteindre la plage. Les cyclistes pourtant assez nombreux car la ville est à l’intersection de deux grands itinéraires : la vélomaritime et l’avenue verte Paris-Londres, y semblent un peu perdus.

C’est d’ailleurs l’avenue verte Paris-Londres que nous avons ensuite remonté à partir de Dieppe en direction de l’intérieur des terres. Aménagée sur une ancienne voie ferrée, c’est un itinéraire très agréable qui grimpe en pente douce en direction du Pays de Bray en passant par quelques jolis villages. L’itinéraire est tellement facile qu’il incite plutôt à rouler régulièrement qu’à s’arrêter pour prendre des photos.

Nous avons fait notre dernière étape à Neufchâtel-en-Bray, cité qui a donné son nom au fameux fromage en forme de cœur que nous n’avons pas arrêté de déguster, plus ou moins affiné, pendant tout le séjour. Le camping Ste-Claire est magnifiquement tenu, c’était de loin le meilleur des trois. Le centre-ville n’offre pas un grand choix de restaurants mais nous avons très bien diné dans la cour intérieur d’un hôtel (le Côme Inn) de la rue principale.

Le dernier jour a hélas été bien gris mais sans être trop pluvieux. Nous avons continué à suivre l’avenue verte Paris-Londres, d’abord sur le tracé de l’ancienne voie ferrée jusqu’à Forges-les-Eaux, puis dans les collines du Pays de Bray jusqu’à Gournay-en-Bray et enfin à nouveau sur une ancienne voie ferrée entre St-Germer-de-Fly et Beauvais. Ce dernier tronçon est plutôt récent et très rafraichissant majoritairement en forêt. Il longe le surprenant parc d’attraction St-Paul qui donne l’impression d’être littéralement au milieu de nulle-part.

Nous avons rejoint Beauvais à une heure où la cathédrale était ouverte cette fois, et alors que le soleil recommençait à poindre. Bien qu’inachevée, elle est particulièrement impressionnante par ses dimensions. Elle reste le plus haut chœur gothique au monde (48,5m sous voûte contre 33m pour Notre-Dame de Paris).

Nous avons repris un train en milieu d’après-midi, aussi vide qu’à l’aller, au terme de 300km de vélo en 4 jours.